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Méthode charges fixes / variables : une approche simple pour calculer le seuil de rentabilité hospitalier

Présentation réalisée par Nathalie L'Hostis le 17 avril 2025 lors du Deuxième Colloque national sur le contrôle de gestion hospitalier

Le diaporama complet est accessible ici au format pdf [+] ou en présentation interactive [+]

 

1) Introduction

Dans l’industrie, la distinction charges fixes / charges variables et le calcul du seuil de rentabilité font partie des fondamentaux du contrôle de gestion.

En établissements hospitaliers, publics ou privés, cette approche existe dans les pratiques mais reste peu formalisée dans les publications. Les méthodes portent sur des approches en coût direct et indirect, concepts utilisés dans  le retraitement comptable (RTC), l’Étude nationale des coûts (ENC) ou les modèles de coûts hospitaliers nationaux.

Le lien direct entre volume d’activité hospitalière, structure de charges et équilibre financier demeure peu mesurable, alors que les établissements de santé se caractérisent par une part majeure de leurs charges non pas variables mais fixes.

La présente contribution propose une transposition de cette lecture économique au champ hospitalier. La méthode s’appuie sur des données disponibles (balance comptable, VALID-RTC, volumes d’activité). Elle propose de calculer une marge sur coût variable, d’identifier un point mort hospitalier et de visualiser les effets de volume.

Elle a fait l'objet d'une intervention lors du second Colloque national dédié au contrôle de gestion hospitalier, qui a exposé la méthode, son cadre conceptuel et deux exemples chiffrés reproductibles.

Le document est accessible gratuitement en téléchargement en début d’article.

 

2) La démarche, des concepts à la mise en pratique

 

Une méthode de contrôle de gestion connue, peu décrite à l’hôpital

La distinction charges fixes / charges variables constitue un repère classique du pilotage économique. Dans les établissements de santé, son utilisation reste souvent implicite. La présentation propose une formalisation structurée adaptée au pilotage médico-économique hospitalier : étapes, hypothèses, cas d’usage et limites.

 

Un éclairage historique sur l’évolution des modèles de coûts hospitaliers

Une approche dans le temps montre que l’évolution des méthodes de coûts accompagne celle des organisations, marchandes ou non :

  • les premières comptabilités analytiques sont issues de l’industrialisation,

  • la distinction coûts directs / indirects puis fixes / variables apparait au XXᵉ siècle,

  • le développement de l'Activity Based Costing (ABC) a pour contexte la croissance des charges indirectes,

  • le secteur hospitalier se caractérise par une multiplication des modèles nationaux et des besoins de reporting à partir des années 1990

La complexité actuelle des organisations de santé renforce l’intérêt pour des outils lisibles reliant mesure économique et action managériale.

 

Une mise en œuvre à partir de données hospitalières existantes

La méthode fixes / variables / seuil de rentabilité repose sur trois éléments simples :

  • la balance des charges et des recettes ou VALID-RTC,

  • un typage des comptes en charges fixes ou variables,

  • une unité d’œuvre (séjours, actes, repas, séances…).

Ce socle permet de calculer une marge sur coût variable hospitalière et un seuil de rentabilité par activité.

 

Une adaptation au financement hospitalier avec l’intégration des recettes fixes

L’introduction des recettes fixes hospitalières (FIR, MIG, IFAQ…) constitue un point structurant. Cette intégration rend la modélisation cohérente avec le financement réel et permet d’identifier des effets de palier organisationnels.

 

Deux exemples chiffrés de calcul du seuil de rentabilité hospitalier

La présentation comprend deux cas complets :

  • un établissement à l’équilibre, illustrant la construction du point mort et sa représentation graphique ;

  • un établissement en déficit, montrant l’impact d’une hausse de charges (intérim, investissement, prestations) et le volume d’activité nécessaire pour atteindre l’équilibre.

Ces exemples détaillent les hypothèses et rendent la méthode directement reproductible.

 

Un outil de dialogue de gestion hospitalier et de pédagogie économique

La représentation graphique du seuil de rentabilité a de nombreux intérêts. Elle permet de visualiser :

  • le poids des charges fixes hospitalières,

  • la contribution du volume d’activité,

  • l’écart entre activité réalisée et activité cible.

Cette lecture facilite les échanges avec les équipes médicales et soignantes et soutient le dialogue de gestion hospitalier.

 

Des usages concrets pour le pilotage médico-économique

La méthode peut être utilisée pour :

  • estimer un volume d’activité cible par service,

  • analyser l’impact économique d’une évolution de charges,

  • éclairer un projet d’activité ou une réorganisation,

  • relier production de soins et appareil de production.

 

Un outil complémentaire des modèles nationaux de coûts hospitaliers

Le typage fixe / variable repose sur des arbitrages et la méthode se prête davantage aux activités avec volume identifiable. Elle constitue une lecture complémentaire du RTC et de l’ENC, orientée vers la compréhension rapide et le pilotage opérationnel.

 

3) Conclusion et perspectives

La méthode charges et recettes fixes / variables appliquée à un établissement hospitalier offre une lecture accessible du seuil de rentabilité hospitalier et du lien entre activité de soins et équilibre financier.

Son utilisation à partir de données existantes et l’appui sur des exemples chiffrés en font un support pertinent pour le contrôle de gestion hospitalier et le dialogue médico-économique.

Pour autant, des limites demeurent, ouvrant un champ d'expérimentations et d'adaptations nécessaires et intéressants pour le contrôle de gestion.

 

 

La troisième édition du Colloque national "Contrôle de gestion hospitalier" aura lieu les 2 et 3 avril 2026 à la Fondation Saint-Pierre (Palavas-les-Flots).

Le programme et les modalités sont décrits ici

Les inscriptions sont ouvertes et réalisables ici.

 

 

 

Pilar Troisième Colloque national Contrôle de gestion hospitalier

Troisième Colloque national "Contrôle de gestion hospitalier"

📅 À vos agendas !

Nous avons le plaisir de vous annoncer la troisième édition du Colloque national dédié au contrôle de gestion hospitalier.

 

🗓️ 2 et 3 avril 2026
📍 Fondation Saint-Pierre – Palavas-les-Flots (près de Montpellier)

Après le succès des éditions 2024 et 2025, ce rendez-vous désormais incontournable poursuit son objectif : favoriser l’innovation, le partage d’expertise et la réflexion collective autour des enjeux du pilotage hospitalier.

 

🎯 Thème 2026 :

Lutter contre les biais

Le programme détaillé sera dévoilé dans les prochaines semaines.

 

👉 Les préinscriptions sont ouvertes :
🔗 https://pilar-institute.com/formation/troisieme-edition-du-colloque-national-controle-de-gestion-hospitalier

 

Nous avons hâte de vous retrouver à Palavas-les-Flots pour deux journées riches en échanges et en perspectives !

 

Retour CDG sur DU IA en santé

Retour d'expérience d'un contrôleur de gestion ayant suivi un Diplôme Universitaire Intelligence Artificielle en santé

Présentation réalisée par Nathalie L'Hostis le 18 avril 2025 lors du Deuxième Colloque national sur le contrôle de gestion hospitalier

 

Le diaporama complet est accessible ici au format pdf [+] ou en présentation interactive [+]

 

 

Vous avez été nombreux et nombreuses à me féliciter pour l’obtention de mon diplôme universitaire « IA et santé ». Je vous en remercie sincèrement.

 

Si la formation est considérée comme une évidence, il n’est pourtant pas simple de dégager des ressources et il m’a fallu force travail pour être au niveau.

 

Le sujet est d’actualité et je le considère comme une rupture.

J’avais eu la chance de participer en septembre dernier à la journée de l'ADH PACA sur ce thème et ce fut un déclencheur. Je découvris l’existence du DU IA et Santé excellemment piloté depuis quatre ans par le Professeur Olivier HUMBERT à l'Université Côté dAzur..

J’ai profité de la tenue de notre deuxième Colloque sur le contrôle de gestion hospitalier pour réaliser un retour d’expérience.

 

Ma présentation fut articulée en trois temps :

 

1)  Le déroulement du DU :

16 jours de formation, 110 heures de cours en présentiel et distanciel. Pourquoi l’avoir choisi ? L’antériorité de ce diplôme et son contenu axé sur une pratique réelle de l’IA ont retenu mon attention. En allant « sous le capot », nous avons pu comprendre ce qu’est l’IA. Au programme : machine learning, deep learning, Natural Langage Processing, droit, données Omics, TD Python, valorisés par une équipe interdisciplinaire de très haut niveau.

 

2)  Ce que j’ai appris :

La définition de l’IA fut une révélation puisqu’elle remonte à la conférence de Darmouth de … 1956 ! J’ai appris les différentes méthodes d’apprentissage (supervisé vs non supervisé avec leurs déclinaisons classification, régression, clustering et réduction de dimensions). Prédire est donc tout sauf intelligent tant les modèles reposent sur des fondements mathématiques et statistiques.   

 

3)  Mon retour :

Je n’ai pas pour habitude d’utiliser un langage excessif. Pourtant, les enseignements du DU m’ont fait prendre conscience de l’indigence de nos pratiques scientifiques en contrôle de gestion. Si nous utilisons les chiffres, malheureusement, nous ne faisons que peu de mathématiques, encore moins de statistiques, ce qui est un risque majeur pour la qualité de nos productions.

Peu connue dans son fonctionnement, l’IA ne relève en rien de la « magie » et côté pilotage, son vrai pouvoir me semble résider dans sa puissance à prédire et automatiser. Le démarrage des projets, la question des données et les approches ont des similarités avec notre fonction.

J’ai été frappée par l’existence des biais, qui constitue un enjeu fondamental. L’annotation des données est une pratique présente et le concept de garantie humaine fut très discuté. Enfin, j’ai été surprise par la place de la visualisation et des couleurs.

C’est aussi un univers méconnu d’outils et de bases gratuites, avec un sentiment de partage, de co-construction fondée sur la recherche, des équipes en réseau et des allers/retours université-entreprises.

 

Deuxième Colloque Contrôle de gestion hospitalier par Pilar

Deuxième Colloque national "Contrôle de gestion hospitalier"

Après le succès de notre première édition en 2024, Pilar a le plaisir de vous annoncer l'organisation d'une deuxième Colloque national dédié au contrôle de gestion hospitalier

 

Un colloque national dédié au contrôle de gestion hospitalier 

Cet évènement s'inscrit dans la lignée de nos choix et valeurs, en souhaitant participer à l'innovation et à l'expertise dans ce domaine, au service des professionnels et des structures sanitaires. 

Le thème choisi pour 2025 est : Contraints ou opportunistes ? Sources d'inspirations et visages des hôpitaux et cliniques qui se distinguent. 

À l'image de l'année passée, une vingtaine de présentations est prévue et suivra le fil rouge : Réfléchir - Découvrir - Partager

Le colloque se tiendra les 17 et 18 avril 2025, au centre d'affaires de la Fondation Saint-Pierre, à Palavas-les-Flots (Hérault, Occitanie). 

 

Des conférencières et conférenciers de référence et de très haut niveau 

Dans un espace exceptionnel, volontairement limité pour privilégier les interactions directes et les moments d'échanges entre tous les participantes et participants, intervenants et inscrits, nous aurons le plaisir d'accueillir plus d'une centaine de personnes. 

 

Le programme détaillé et les modalités d'inscription sont décrits ici : 

https://www.pilar-institute.com/formation/deuxieme-colloque-controle-de-gestion-hospitalier-2025 

 

Vous pouvez aussi transmettre votre souhait d'inscription à contact@pilar-institute.com, avec la mention "Inscription au deuxième colloque Contrôle de gestion hospitalier". 

 

Les inscriptions sont ouvertes.

Pilar organise son premier colloque national sur le contrôle de gestion hospitalier

Premier Colloque national "Contrôle de gestion hospitalier"

Spécialistes de l'aide au pilotage hospitalier, observateurs des pratiques, proches des établissements, convaincus par l'importance des échanges et du partage, chez Pilar, nous constatons que peu d'espaces et d'évènements d'envergure sont consacrés à ce jour au contrôle de gestion dans les établissements de santé . 

Après un sondage auprès de nos partenaires et de nos réseaux professionnels, dont les retours ont été positifs, nous avons le plaisir d'annoncer l'organisation de notre premier colloque national dédié au contrôle de gestion hospitalier

 

Un premier colloque national dédié au contrôle de gestion hospitalier

 

Ce projet s'inscrit dans la lignée des valeurs de notre société, qui souhaite participer à l'innovation et à l'expertise dans ce domaine, au service des professionnels et des structures sanitaires. 

À la suite de notre réflexion, nous avons arrêté un thème pour cette première édition, qui permettra de brosser un portrait d'ensemble du sujet : 

 

Des classiques aux innovations : quels fondamentaux pour le contrôle de gestion hospitalier ? 

 

Le fil rouge proposé aux intervenantes, présentateurs et participants est le suivant : 

Réfléchir - Découvrir - Partager 

Le colloque se tiendra les 6 et 7 juin 2024, au centre d'affaires de la Fondation Saint-Pierre, à Palavas-les-Flots (Hérault, Occitanie). 

Une trentaine de présentations sont prévues et commandées auprès d'un panel choisi de professionnels de référence et de très haut niveau. 

 

Des professionnels de référence et de très haut niveau

 

Dans un espace exceptionnel, volontairement limité pour privilégier les interactions directes et les moments d'échanges entre tous les participants, intervenants et inscrits, nous aurons le plaisir d'accueillir une centaine de personnes. 

Le programme détaillé et les modalités d'inscription seront décrits par le lien :

https://www.pilar-institute.com/formation/premier-colloque-controle-de-gestion-hospitalier-2024

 

Vous pouvez aussi nous transmettre votre souhait d'inscription à contact@pilar-institute.com, avec la mention "Inscription au premier colloque "Contrôle de gestion hospitalier' ". 

 

 

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"Que faire pour avancer son RTC 2022 ? " : un mur virtuel ouvert à toutes et tous

"Que faire pour avancer son RTC 2022 ? " : un mur virtuel ouvert à toutes et tous

Contrôleurs de gestion, responsables financiers, directrices et directeurs, vous êtes nombreux et nombreuses à manifester votre intérêt à nos relais via les réseaux sociaux des publications de l’ATIH relative à la campagne pour le retraitement comptable (RTC) 2022. Sensibles à votre intérêt et la motivation soutenue, cela nous a donné des idées.

 

Nous avons donc décidé, dès le mois de janvier et au débotté, de créer un mur virtuel avec l’application 'padlet' ouvert à toutes et à tous.

 

Le principe ?

Identifier, par tranche de semaine calendaire, les étapes ou actions qu’il nous semble opportun de réaliser dans chaque établissement pour réaliser le retraitement comptable (RTC) de l’exercice 2022.

L’avantage ?

Anticiper, préparer, soutenir, être prêt ! Parce que ce chantier passe par de nombreuses étapes et est défié par le temps et les calendriers, son élaboration peut être envisagée comme une authentique conduite de projet.

Nous nous posons comme d’humbles serviteurs à la mise à disposition d’une « do-to-list » générale qui se fait en marchant.

 

En termes de modalités :

Les mur et contenus sont réalisés par Nathalie L'Hostis, directrice de Pilar et consultante formatrice en contrôle de gestion hospitalier
La mise à disposition est gratuite.

Elle repose sur la création d'une colonne par semaine calendaire avec les nouveautés, préconisations formulées par Pilar et découpage en grands chantiers pour le RTC :

  • applications et outils

  • paramétrage

  • découpage analytique

  • plan comptable et compte financier

  • unités d'œuvre et clés de répartition

  • contrôles et analyses

   Pour tout partage, nous vous savons gré de mentionner "mur virtuel collaboratif 'padlet' réalisé par Pilar".

 

Nous avons souhaité expliciter les principes de cette création :

  • Cette action de partage et de soutien s'inscrit dans la continuité, l'adéquation et le respect des outils et dispositifs réglementaires existants
  • Le principe de pragmatisme, de prudence, de respect et de partage professionnel, à but non lucratif, est un critère de cette initiative
  • Les aspects théoriques sont remis en perspective constante avec les objectifs à atteindre pour les établissements
  • La qualité des données à produire et la valorisation des résultats des établissements, respectivement à la réalité de leurs activité, sont des fils rouges
  • L'approche n'a pas vocation à être exhaustive et ne saurait se substituer ni prévaloir au cadre de la campagne pilotée par l'Agence Technique de l'Information sur l'Hospitalisation (ATIH)
  • Nous avons aussi formulé une limitation de responsabilité. Ainsi, ce mur virtuel est consultable de façon anonyme et gratuite. L'Internaute utilise ce mur à ces seuls risques. En aucun cas, Pilar ne pourra être tenu responsable des dommages directs ou indirects, et notamment de préjudice méthodologique, matériel, perte de données ou de programmes, préjudice financier, résultant de l'accès ou de l'utilisation de ce mur virtuel.

 

Pour terminer, pour donner du positif, de la motivation et de la lumière, l’image de fond du mur virtuel est celle de la forêt de pins des Landes, département siège de Pilar.

 

Pour y accéder au mur virtuel, le lien est le suivant, qui peut être enregistré dans les favoris de votre navigateur : 

https://padlet.com/nathalielhostis1/aide-la-r-alisation-du-retraitement-comptable-rtc-2022-bwd8ni3wu7rhuz1w

 


Pilar est spécialisé en contrôle de gestion et comptabilité analytique hospitalière.

Nous avons contribué à la réalisation d’un guide inédit d’utilisation des données de coûts ENC / RTC des établissements hospitaliers pour l’ATIH.

 

Nous proposons des sessions de formations sur la thématique propre du retraitement comptable et des coûts :

« Réussir et utiliser le retraitement comptable », 2 jours

« Gérer le fichier commun de structure (FICOM) et les nomenclatures analytiques », 2 jours

« Analyser le retraitement comptable et identifier des axes d’amélioration économique », 1 jour

 

Pratiquant le dispositif du RTC depuis de très nombreuses années et sachant son importance tant en interne que dans le cadre des évaluations nationales et des relations avec les ARS, nous avons construit une offre dédiée et personnalisée. Notre offre d'accompagnement porte sur l'élaboration pour tout ou partie du retraitement comptable pour tout établissement hospitalier public ou privé à but non lucratif.

 

Pilar participe au deuxième colloque international "Innovations digitales à l'ère des crises"

Colloque Innovations digitales à l'ère des crises : notre communication sur le guide d'utilisation du RTC et des ENC

Accès aux présentations en fin de page >>>

 

La Faculté des Sciences Juridiques Economiques et de Gestion (FSJEG) de Jendouba (Tunisie) a tenu colloque à Tabarka les 3-4-5 juin 2022. La thématique dressée fut : l’ « Innovation digitale à l’ère des crises ». Le but recherché fut de réunir des chercheurs et des professionnels issus de champs disciplinaires différents et de tout horizon et de créer un espace commun de réflexion et d’échanges.

 

Nous avons répondu à l'appel à communication, en proposant comme sujet : 

"Le guide national d'utilisation des comptabilités analytiques hospitalières françaises : une réalisation complète et possible par les technologiques numériques".

 

En effet, constituant un maillage dense et complexe, les établissements hospitaliers français sont au nombre d’environ trois mille, répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain, insulaire et ultramarin. Un tiers environ est constitué de sociétés privées à but lucratif, les deux autres tiers relevant de la catégorie des hôpitaux publics et structures privées à but non lucratif. En 2020, un peu plus de cent milliards d’euros ont financé l’ensemble du secteur, les dépenses liées au COVID prenant une part d’environ sept milliards d’euros.

 

En terme de pilotage économique et financier, depuis le début des années 2000, les établissements (du secteur public particulièrement) doivent remettre une comptabilité analytique et leurs coûts hospitaliers annuels. Deux méthodes existent et font l’objet d’un reporting national contrôlé : le retraitement comptable (RTC) et les Etudes Nationales des Coûts (ENC). Des étapes de recueil, de contrôle et de validation permettent la constitution de référentiels nationaux mis à disposition de tous et librement accessibles sur internet.

 

Intervenant pour le Ministère de la Santé (tutelle de tous les établissements hospitaliers), l’Agence Technique de l’Information sur l’Hospitalisation (ATIH) est un établissement public chargé de la collecte des données médicales et comptables dans le domaine de la santé. Elle pilote à ce titre les campagnes annuelles relatives au RTC et aux ENC. Son siège est à Lyon et elle dispose d’une antenne à Paris.

 

Si depuis de nombreuses années le processus de reporting est connu, évolutif et sous contrôle, dès 2019, l’ATIH a exprimé un constat de non ou sous-utilisation des nombreuses données de coûts produites, alors même que la comptabilité analytique est envisagée comme fondamentale pour la gestion et l’amélioration des performances des établissements hospitaliers. C’est pourquoi, elle a décidé d’être accompagnée pour élaborer un guide pratique d’utilisation du RTC et des ENC.

 

Au vu de l’envergure de la mission, une consultation sous forme d’un appel d’offre a été menée. Spécialistes des thématiques abordées, notre société a été retenue en février 2020 pour contribuer à construire entièrement ce guide, un état des lieux des pratiques auprès de tous les établissements français constituant un préalable à cette conception originale.

 

La date de signification du marché et de signature de ce contrat de taille importante montre que ce projet a été initié au tout début du premier confinement en France. Après un report d’environ six mois, et sachant les conditions sanitaires restrictives et les limites imposées aux déplacements, l’ATIH a souhaité que nous démarrions le projet en septembre 2020 pour le mener à son terme six mois plus tard, avec la demande de réaliser l’ensemble des travaux à distance et en ayant recours à toutes les technologies numériques possibles, en particulier de communication et de création d’outils. Le guide et ses annexes ont bien été remis selon le calendrier retenu et l’ATIH a validé la totalité des livrables inédits que nous avons co-construits.

 

Outre l’explication du contexte, cette communication a pour but d’expliquer la démarche et les outils retenus, l’impact de ces choix imprévus sur la conduite de projet et les nombreux acteurs, l’apport des technologies numériques et un bilan de l’ensemble à visée de repérage de critères déterminants et de bonnes pratiques.

 

 

Pour voir la présentation animée (recommandée, durée de 4 minutes environ, son activable) :

 

 

Colloque FSJEG Tabarka - presentation Pilar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour télécharger la 'présentation au format pdf :

Colloque FSJEG Tabarka - presentation Pilar pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Webinaire "Gestion RH : Quels sont les meilleurs indicateurs RH pour votre entreprise ?"

Webinaire Gereso

Nathalie L'Hostis, directrice de Pilar, animera pour les Experts RH by Gereso le 11 janvier 2022 un webinaire sur le thème "Gestion RH : Quels sont les meilleurs indicateurs RH pour votre entreprise".

 

 

Pourquoi ce sujet ?

Le démarrage d’un nouvel exercice est un moment propice pour faire évoluer les outils de gestion d’une entreprise. 

Pandémie, problématique de recrutement, prégnance des dimensions économiques et financières : les défis sont nombreux dans le domaine des ressources humaines, alors que les données peuvent se révéler manquantes, trop nombreuses ou imprécises. Le besoin de « faire parler les chiffres » n’a jamais posé autant d’enjeux, alors que les outils viennent parfois à manquer.

Par de nombreuses observations et mises en pratique, nous sommes convaincus de la possibilité de mettre en place rapidement et efficacement des suivis et des indicateurs, au service plein et entier du pilotage des ressources humaines.

Volontairement orienté sur quelques thématiques-clés, ce webinaire vous montrera quelques astuces et approches inspirantes et duplicables à de nombreuses situations.

 

Au programme :

  • Zoom sur quelques indicateurs RH incontournables
  • « Mesurer, c’est bien ; enrichir, c’est mieux » : des formules de calcul simples et différents angles de vue pour mieux comprendre et maîtriser vos données RH
  • Comment organiser ces tableaux de bord RH et en faire de véritables outils de pilotage
  • Questions / Réponses

 

L'intervenante :

Nathalie L’Hostis est spécialisée en contrôle de gestion. Elle a travaillé pendant quinze ans comme contrôleur de gestion dans tous types d'organisations en France. Elle a assuré plusieurs missions d'aide au pilotage et en informatique décisionnelle. Depuis 2008, elle intervient en tant que consultante senior et formatrice au sein de la structure qu’elle a créée. 

Elle anime les formations GERESO « Tableaux de bord des RH », « Tableaux de bord des RH de la Fonction Publique », « Contrôle de gestion hospitalier ». Elle est l’auteur de nombreux articles de blog comme « Cinq clés pour analyser des chiffres et rédiger des commentaires », « Mes principaux commandements sur Excel », « Comment mettre en place la fonction contrôle de gestion pour les RH », « Comment réaliser un tableau de bord des RH hospitalières ? »

 

Pour voir le replay du webinaire :

Replay Webinaire Gestion RH les meilleurs indicateurs

 

 

Certification Qualiopi de Pilar

Pilar est certifié Qualiopi pour ses actions de formation !

 

Deux ans après notre référencement Datadock, nous avons le plaisir et l’honneur, d’annoncer que Pilar a obtenu en septembre 2020 la certification Qualiopi pour les activités d'actions de formation.

 

Qu’est-ce que Qualiopi ?

Il s’agit d’une procédure qualité instaurée par la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Elle prévoit dans son article 6 une obligation de certification des sociétés réalisant des actions concourant au développement des compétences, par un organisme tiers, sur la base d’un référentiel national unique.

Ce référentiel est organisé autour de sept critères qualité :

  1. Conditions d’information du public sur les prestations proposées, les délais pour y accéder et les résultats obtenus
  2. Identification précise des objectifs des prestations proposées et l’adaptation de ces prestations aux publics bénéficiaires, lors de la conception des prestations
  3. Adaptation aux publics bénéficiaires des prestations et des modalités d’accueil, d’accompagnement, de suivi et d’évaluation mises en œuvre.
  4. Adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement aux prestations mises en œuvre
  5. Qualification et développement des connaissances et compétences des personnels chargés de mettre en œuvre les prestations
  6. Inscription et investissement du prestataire dans son environnement professionnel
  7. Recueil et prise en compte des appréciations et des réclamations formulées par les parties prenantes aux prestations délivrées.

Pour chacun des sept critères, le référentiel précise les indicateurs à mettre en œuvre.

Nous adhérons à cette vision et à ces traductions pratiques, où l’objectif est de renforcer le contrôle que l’Etat et les acteurs de la formation entendent exercer sur la qualité et les processus des prestations.

C’est le 7 novembre 2019 que le Ministère du Travail a dévoilé Qualiopi, nom de la marque de certification qualité des prestataires de formation. Elle vise à :

  • Attester de la qualité du processus mis en œuvre dans le champ des compétences et de la formation
  • Permettre une plus grande lisibilité et confiance dans les offres de formations auprès des entreprises, des organisations, des salariés et de toute personne souhaitant se former.

 

A l’issue d’une démarche qualifiable d’audit à partir du référentiel, d’une visite par un auditeur et du contrôle d’éléments de preuve, elle est délivrée par des organismes certificateurs accrédités ou autorisés par le Comité Français d’accréditation (Cofrac).

La certification n’est pas définitive : elle donne lieu à des visites intermédiaires (tous les dix-huit mois environ) et doit être renouvelée, à terme, tous les trois ans.

 

Pourquoi et comment avons-nous réalisé cette démarche ?

 

Ces premières lignes peuvent paraissent formelles, voire technocratiques. Chez Pilar, ce n’est pourtant pas du tout comme cela que nous avons choisi, préparé, traversé et vécu cette étape de notre reconnaissance.

Pourtant conscients de l’extrême exigence de ce référentiel alors même que nous entrions en premier confinement ce printemps, nous n’avons pas voulu attendre le 1er janvier 2022, date limite d’obtention obligatoire de la certification. Nous avons fait le choix de mener par nous-mêmes notre démarche, quasiment sans accompagnement extérieur.

Première fierté : nous aurons mis moins de six mois pour nous préparer, nous présenter et atteindre les attendus du référentiel dès notre première visite d’audit.

 

Pour le cas de Pilar, nous avons été audités et certifiés par l’AFNOR.

 

Loin de voir dans ce cadre une contrainte, en sincère humilité mais détermination, nous avons voulu nous approprier les meilleures pratiques en matière de processus de formation. Et, parfois avec étonnement car nous nous pensions être conformes sur tel ou tel point, nous avons dû revoir, adapter, réajuster, développer nos outils et nos manières de travailler.

Par exemple, nous avons particulièrement renforcé nos processus de suivi tout au long des projets de formation, du recueil personnalisé des attentes jusqu’à la transmission du niveau de satisfaction des stagiaires aux commanditaires (au premier rang desquels nos clients hospitaliers). Nous disposons désormais d’un exhaustif et personnalisé « Cahier de procédures pour les activités de formation ».

Chantier envisagé comme un système global, nous avons mené en parallèle l’automatisation de l’ensemble des étapes administratives et pédagogiques : nous ne sommes pas tout à fait au « full digital », mais nous nous en sommes beaucoup approchés en créant par nous-mêmes notre propre outil. Nous ressentons déjà les effets en termes de meilleure productivité, de réactivité pour nos clients et de prévention des possibles dysfonctionnements.

Puisque nous abordons la question de ces risques, nous avons mis à profit notre démarche de certification pour améliorer non seulement nos activités de formation mais aussi l’ensemble de nos processus et de la gestion de nos ressources. L’adaptation et la revue approfondie de notre Document Unique d’Evaluation des Risques professionnels a été une étape prioritaire, pour lequel nous avons bénéficié du précieux accompagnement de notre service de médecine du travail : Santé Travail Landes.

En cette période de pandémie et de risques sanitaires, nous sommes armés au mieux pour protéger tant nos clients, les stagiaires de nos formations, nos salariés et nos intervenants. Ces points sont essentiels pour nous.

Lors de notre visite d’audit qui a eu lieu en août 2020 à Paris, dans un cadre contradictoire, nous avons dû encore approfondir, modifier, améliorer nos propositions et notre manière de travailler. Nous avons voulu nous montrer réactifs et à l’écoute de ces commentaires entendus comme autant de facteurs de progrès.

 

A l’issue de cette visite, notre auditeur a relevé trois forces pour Pilar (retranscrites telles quelles dans le rapport d’audit) :

- [Notre] expertise du métier de contrôleur de gestion

 - Le fichier automatisé pilotant l'ensemble du système qualité de l'organisme : "Cahier de procédures pour les activités de formation"

 - Le niveau de maturité "Qualité" de l'organisme

 

Nous sommes aussi très fiers d’avoir immédiatement satisfait aux critères d’accueil et de prise en charge des personnes en situation de handicap, point remarquable soulevé par notre auditeur. Les premiers retours d’expériences d’audit montrent que ce critère aboutit fréquemment à une première non-conformité majeure.

Nous fumes un peu moins surpris – contrôleurs de gestion obligent … - mais tout aussi heureux, de noter que notre dispositif de pilotage, nos indicateurs et tableaux de bord ont été instantanément validés.

 

Et parce que tout ceci ne serait rien sans eux, nous voudrions à l’occasion de l’obtention de cette certification rendre un sincère et chaleureux hommage à tous nos intervenants et partenaires, qui depuis toujours contribuent à la pérennité, à l’image et à la qualité de nos prestations. Qu’ils soient ici, tous et chacun, profondément remerciés.

 

L’aventure continue et vous pouvez nous faire confiance !

 

Notre certification a ainsi été obtenue le 17 septembre 2020 pour une durée de quatre ans

Pour accéder à notre certificat : 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Nathalie L'Hostis, directrice de Pilar, le 5 novembre 2020

 

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Blog Pilar - Cinq clés pour analyser des chiffres et rédiger des commentaires

Cinq clés pour analyser des chiffres et rédiger des commentaires

« Un tableau ne vit que par celui qui le regarde ». Si l’auteur de cette phrase n’est autre que Pablo Picasso et s’adresse à l’univers de l’art et de la peinture, ces mots se révèlent cependant tout à fait inspirants pour un tout autre géant des tableaux : le monde professionnel, équipé de son fidèle destrier Excel. Difficile d’imaginer aujourd’hui la gestion et le pilotage quotidien d’une structure, quelle que soit sa taille, sans le recours à des tableaux et à des « chiffres ».


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Par commodité de langage, le texte utilise les vocables "contrôleur de gestion", "directeur", "responsable", "cadre", etc…, qui concernent aussi bien les personnes masculines que féminines. Le genre utilisé ne préjuge pas du profil de la personne et l'utilisation du masculin ne doit être perçue que comme facilitant la lecture et la compréhension de ce document.


Le recours aux tableurs est généralisé, alors même que le vénérable Excel n’existe ’que’ depuis 1985. Plusieurs raisons – non exhaustives – expliquent cela : peu cher, souple (chacun est libre de concevoir le calcul, l’organisation et la présentation de ses données), doté de plus de quatre cents formules, permettant tout à la fois de réaliser rapidement des calculs, des graphiques, des mises en forme de plus en plus percutantes, d’une capacité quasi illimitée pour les usages « courants », équipant une très grande majorité de sociétés, l’écriture de ce post est l’occasion de prendre quelque recul par rapport à ces fantastiques possibilités. Imaginez : nous venons de découvrir qu’à partir de sa version 2007, une seule feuille du fameux tableur contient plus de dix-sept milliards de cellules[1] ! Et comme on peut avoir au moins 256 feuilles par fichier… Ca en fait des chiffres

 

Pourtant, cela semble ne pas suffire. Si les prérequis techniques sont, somme toute, assez faibles et les potentiels de mesures et d’analyses très importants, dans un climat général d’incertitude, de sentiment de contraintes, de rapidité de transmission et de dématérialisation, la réception de ces tableaux peut être diversement vécue : des données, mais pour quel enseignement ? Que retirer de cette quantité d’informations, certes possiblement intéressante, mais un rien déconcertante ou décourageante tant il y en a ? Sans contextualisation, sans accompagnement (les « smileys », couleurs rouge vs. verte et autres flèches vers le haut, la droite ou le bas, ne sauraient atteindre, à notre goût, une telle ambition), il est un risque à produire uniquement des chiffres : celui d’être considéré par leurs destinataires comme un outil désincarné, froid, au service d’objectifs et de projets dont on ne peut discuter ensemble et pour lesquels le sentiment de ne pas tout comprendre renvoie à l’impossibilité d’agir et de s’exprimer.

 

Les (trop ?) nombreux chiffres présentés gagnent pourtant à être entourés de verbes. A être accompagnés de commentaires qui donnent corps, compréhension et traçabilité aux analyses produites.

Nous aimons à rappeler en formation l’importance des mots, d’une forme de narration, même dans un contexte managérial et technique. De la nécessité d’exprimer, notamment par des écrits dans le sens le plus strict et noble qui soit, les résultats issus des fameux tableaux. Pour faire montre de l’importance de cette forme de communication, rappelons que si Homo Sapiens – Sapiens [2] (c’est-à-dire nous) est apparu il y a 200 000 ans, les premiers systèmes de numérotation sont beaucoup plus récents et la naissance (passionnante) du chiffre (c’est-à-dire un symbole normé sur un support) et des opérations se positionne autour de 3 600 avant Jésus-Christ. Les tenants des approches par l’adaptation penseront qu’il nous faudra encore quelques milliers d’années pour manier les chiffres aussi aisément que les mots.

 

Dans l’attente, la proposition de cet article est d’identifier quelques clés et des éléments de méthode pour procéder à l’analyse d’un « tableau de chiffres » et élaborer des commentaires associés directs, adaptés et pertinents.

 

1ère clé : toujours penser au destinataire

Cette première règle est toujours utile à rappeler, car elle correspond, ni plus ni moins, qu’aux grands principes qui régissent toute situation de communication et que nous allons reprendre ici.

Ainsi, de façon très synthétique, communiquer suppose trois points fondamentaux (et, ceux qui voient le verre à moitié vide diront qu’ils représentent chacun les trois problèmes principaux de cette communication) :

Un émetteur :

en l’espèce, ici, le contrôleur de gestion, le directeur financier, celui ou celle qui a réalisé le tableau, qui élabore l’analyse, qui diffuse les résultats…

Un message :

constitué d’informations, idéalement verbalisé, mais parfois aussi non verbal, il s’appuie en l’occurrence sur les données chiffrées, les mesures et les (éventuels mais recommandés) commentaires.

Un récepteur :

reprenant la sphère professionnelle, il peut s’agir de cadres, directeurs, médecins, responsables de service ou de pôles, tutelles externes, presse et médias etc…

Post Pilar - 5 clés pour analyser chiffres et rédiger des commentaires - Schéma communication

 

En présentant les choses ainsi, l’on imagine bien le schéma courant qui peut être mis en place : un contrôleur de gestion réalise une extraction sur les données du personnel, il procède consciencieusement à des contrôles et à des calculs (totaux, moyennes, pourcentages…), il conçoit quelques graphiques et transmet cela à un directeur ou un responsable de service. A son grand étonnement, le directeur lui demande des informations dont certaines figurent dans son tableau, et le responsable de service ne réagit pas du tout alors que les résultats ne sont manifestement pas très « bons ».

Cette situation invite à penser à l’envers, car – tout adepte du « jeu du téléphone » le comprend très rapidement, où l’émetteur qui chuchote à l’oreille de longues phrases à son voisin, qui les rechuchote à son voisin ... découvre médusé le résultat déformé et rabougri de la bouche du dernier voisin – le plus important n’est pas ce qui est dit, mais ce qui est retenu.

 

A rebours de certaines pratiques, avant de se lancer dans sa présentation, l’idée première et fondamentale est donc de se poser toujours la question suivante :

« Que doit retenir le destinataire ? »

(et non pas qu’est-ce que j’ai trouvé et qu’est-ce je veux/peux dire)

 

De façon très logique, il sera donc judicieux et recommandé de savoir qui est ou qui sont les destinataires. On n’écrira pas le même commentaire, ni de la même manière sur un possible déficit – par exemple -100 k€ (- 98 458,36 € très exactement) - selon que le destinataire soit le Directeur Général de l’établissement, le Directeur Général de l’Agence Régionale de Santé, le directeur de l’agence bancaire de la société, ou les représentants des instances du personnel, alors même que le montant est strictement toujours le même.

Ce principe est aussi une utile préparation à l’adaptation du langage et des commentaires. Par exemple, 100 k€ n’ont sans doute pas la même « envergure » pour un responsable d’un service dont les dépenses directes totales s’élèvent à 1 M€ que pour un directeur régional qui pilote 1 milliard d’euros.

Pour le premier, le commentaire pourra être : « le déficit prévisible serait de – 98,4 k€ ».

Pour le second, l’on pourra écrire : « le déficit prévisible serait de – 0,1  M€ ».

 

Pour cela, et essayant de nous adapter autant que possible à ces caractéristiques et spécificités, nous recommandons de renforcer ces messages par une présentation des résultats ramenés à la journée, à l’ETP, au nombre de lits etc… Cela passe donc aussi par des pourcentages, évoqués ici à titre d’appropriation par le destinataire des résultats. Par exemple, nous pourrions proposer comme commentaire : « le déficit prévisible représente près de 25 jours ouvrables de dépenses du service » (pour le premier cas) ou « le déficit prévisible peut être vu comme une quasi-situation d’équilibre, puisqu’il représente environ une heure de dépenses de la structure » (pour le second cas).

Nous pensons qu’écrire ce type de phrases permet au destinataire, d’une part d’avoir la mesure des chiffres, et d’autre part de faciliter sa compréhension, mais aussi le type et l’envergure des actions qu’il a à mettre en œuvre.

 

Dans le même temps, reprenant cet exemple, on clarifiera d’emblée et en français (c’est-à-dire avec des phrases) le message unique, concis et factuel que l’on pense que le destinataire doit retenir. Dans le cas présent, cela pourrait être, selon les objectifs de la communication que l’on élabore :

« L’établissement connait pour la première fois un déficit ».

« L’établissement risque d’être en déficit, mais les choses sont améliorables ».

« L’établissement est toujours en déficit mais s’est amélioré ».

« L’établissement a besoin de ressources supplémentaires pour ne pas être en déficit ».

« Un plan d’actions rapide et pratique doit être mis en place pour ne pas être en déficit ».

Cette étape précieuse permet, outre une clarification, d’orienter l’ensemble des commentaires et de les rendre, ipso facto pertinents.

 

Autre principe corollaire et un peu martial, nous l’accordons : pour que le destinataire retienne le message, il est important qu’il le comprenne. Ce but passe, notamment, par le fait qu’il NE doit PAS faire l’analyse. Ce principe fondamental est tel qu’il est toujours déconseillé de transmettre tout tableau, si brillant soit-il, sans commentaires. Ce n’est pas au lecteur à « trouver » le message, mais bien à celui qui a traité les données et les informations de préparer ces éléments, en particulier pour permettre au destinataire de se concentrer sur son rôle de décideur et de ne pas (lui faire) perdre de temps, ni d’aboutir à de possibles contre-sens ou erreurs.

Les prochaines clés en disent plus sur la manière de parvenir et d’approcher cela.

 

 

2ème clé : l’entonnoir et le ping-pong

 

Mettons-nous dans une situation tout à fait classique et fréquente, où un directeur, récemment arrivé, demande à son contrôleur de gestion des ressources humaines une analyse des données RH de l’année 2019, sans plus d’indications. Le tableau extrait et légèrement retravaillé donne ceci :Une image contenant capture d’écran

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Le principe de l’entonnoir pourrait se résumer en : d’abord les grandes masses, puis progressivement du détail.

Illustrons cette règle avec notre tableau précédent, sur le seul indicateur des effectifs.

Nous pourrions ainsi rédiger :

Niveau le plus agrégé : « Au 31 décembre 2019, les effectifs s’établissaient à 775 ETP ».

Un peu plus de détail : « La population des soignants représente la première catégorie avec près de 6 salariés sur 10 (460 sur 775, soit 59 %) ». 

On appréciera que, dans la deuxième phrase, ce n’est pas le pourcentage qui a été écrit en premier, mais une formule rédigée « près de 6 sur 10 », qui permet une meilleure appropriation et mémorisation pour le lecteur destinataire. Cela n’empêche pas, bien entendu, d’être précis, ce que nous avons fait en inscrivant données et pourcentage entre parenthèses.

 

Pour illustrer le ping-pong, consistant à rapprocher des indicateurs de natures différentes pour enrichir les commentaires, reprenons notre tableau précédent avec des calculs supplémentaires (comme le taux d’absentéisme, le taux de départ en formation, le turn-over, le ratio de remplacement, le taux de fréquence des accidents du travail). Une image contenant capture d’écran

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Premier axe d’analyse :            « Les personnels techniques et ouvriers sont au nombre de 125, soit 16 % des effectifs »

Deuxième axe, pour enrichir : « Or, cette catégorie concentre près du tiers des accidents de travail avec arrêt (50 sur 156, soit 32 %) ».

Troisième axe, pour enrichir : « Par ailleurs, si près d’un salarié sur 4 a bénéficié d’une formation, les personnels techniques et ouvriers enregistrent un taux de départ de moitié, avec près de 9 salariés sur 10 sans formation en 2018 (15 départs, soit 12 % vs. 23 % sur l’ensemble de l’établissement).

 

On notera qu’il n’est pas fait de lien de causalité (ce point serait à évaluer par d’autres mesures notamment statistiques), mais qu’en mettant côte à côte des indicateurs et des chiffres avec une formulation littérale, le destinataire des résultats bénéficie d’une vision plus subtile et plus fournie de la situation.

 

3ème clé : un sujet, plusieurs approches

Il n’est pas toujours aisé de pouvoir faire la synthèse ou de détecter des points remarquables dans un tableau, notamment s’il est issu d’une extraction comportant de nombreuses données. Outre le repérage, au titre du « principe de l’entonnoir », des grandes masses, le contrôleur de gestion ou l’analyste gagneront à établir systématiquement des calculs simples, mais encadrants que sont :

  • Total, Moyenne, Médiane, Minimum, Maximum

On pourra aussi utilement recourir aux :

  • Coefficient de corrélation, tendances

 

Prenons l’exemple de l’activité PMSI 2018 de la région Nouvelle-Aquitaine, fait dans les « vraies » conditions, c’est-à-dire comme si nous étions en établissement, outillée de notre seul tableur. Pour cela, nous avons utilisé Scansanté[3], et extrait, via le questionnaire de la rubrique Activité établissement – Case mix MCO, un fichier contenant les séjours par code GHS, durées moyennes de séjour (nous avons recalculé à partir de ces deux premiers indicateurs le nombre de journées), l’âge moyen, le sexe ratio et le pourcentage de décès. Nous nous intéresserons surtout aux trois premiers indicateurs.

Le fichier extrait ne fait pas moins de 2 150 lignes, ce qui le rend un peu effrayant pour celui ou celle qui doit en faire une synthèse…

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Procédons comme proposé aux calculs globaux et selon le « principe de l’entonnoir » :

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Les premiers commentaires peuvent donc être rédigés à partir des totaux, moyennes, médianes, minimums, maximums, voire coefficient de corrélation, par exemple ainsi :

Niveau le plus agrégé « En 2018, le nombre de séjours GHS enregistrés en Nouvelle-Aquitaine s’est élevé à près de 2,7 millions (2 650 259, soit 70 274 par jour calendaire) ».

Un peu de ping-pong :   « La répartition montre une très grande variété, avec 2 148 GHS différents »

Un peu plus de détail : « Le volume de séjours par GHS est cependant très contrasté : si la moyenne s’établit à 1 233 séjours par GHS, la médiane est très éloignée (186), ce qui est souligné par des extrêmes allant de 11 séjours par GHS au minimum (plusieurs sont concernés) à 342 370 (GHS 28Z04Z « « Hémodialyse, en séance », qui concentre donc 13 % des séjours).

Un peu de ping-pong :  « Le nombre total de journées s’est élevé à près de 5,3 millions, ce qui aboutit à une durée moyenne de séjour de près de 2 jours. Cependant, il n’y a pas de corrélation entre le nombre de séjours enregistrés et le nombre de journées (coefficient très proche de 0 puisqu’établi à 0,08). 

On notera l’alternance de chiffres en volume et en pourcentage, choisi en fonction de leur côté « percutant » pour le lecteur par rapport à ces résultats.

 

4ème clé : « Moins de chiffres, plus de lettres »

 

Cette expression ne nous revient pas. Elle a été exprimée lors des dernières journées nationales « Ethique et pratique(s) : le management au cœur du débat ! »[4], tenues en novembre 2019 par le SYNCASS à Bordeaux. C’est Monsieur Philippe Banyols, directeur du Centre Hospitalier de Béziers, qui a repris sur son compte Twitter ce principe que nous partageons :

 « Moins de chiffres. Plus de lettres. Moins de tableaux de bords, de diagramme et de protocoles. L’hôpital a besoin de s’inscrire dans un récit. De se ré-appropier son histoire pour se projeter dans l’avenir avec ambition ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous permettons de la reprendre pour indiquer l’importance de produire, parallèlement et de façon complémentaire, mesures chiffrées et commentaires. D’ailleurs, nous espérons que les quelques exemples fournis précédemment lors des trois premières clés montrent l’enrichissement qui se crée lorsque les mesures sont accompagnées de mots.

 

Mais comment traduire cette quasi maxime ?

 

Nous proposons trois repères :

 

Le premier peut paraitre évident voire simpliste, mais, élaborer des commentaires consiste à rédiger des phrases. Pas des idées présentées sous forme de paragraphes à puces, non. D’authentiques phrases. Commençant par une majuscule, finissant par un point, avec un verbe conjugué (idéalement au présent) au milieu. Pour les moins à l’aise, la valse sujet – verbe – complément fonctionne très bien et constitue un bon repère.

 

Le deuxième réside dans l’intérêt de raconter une histoire. En tous les cas – nous savons bien que nous nous adressons à des profils plutôt mathématiques et statistiques que sont les contrôleurs de gestion et autres cadres gestionnaires économiques et financiers – les commentaires seront d’autant plus lus et appropriés par le lecteur qu’une forme de progression sera envisagée par celui ou celle qui les écrit. Une histoire a un début (encore un argument pour « l’entonnoir ») et une fin (qui peut se faire sous forme d’ouverture, vers une proposition d’approfondissement, ou sous forme de conclusion).

Pour donner corps à cette histoire, quelques adverbes (cependant, précisément, tout à fait…), célèbres conjonctions de coordination (or, car, mais etc…) et autres « nuanceurs » (près de, quasi …) placés avec justesse et parcimonie donnent rythme et animation aux écrits.

 

Le troisième réside dans le fait d’aller droit au but. Les commentaires ne sont pas nécessairement longs. Au contraire. Quelques phrases (trois ou quatre par paragraphe, pas plus de deux paragraphes) doivent fournir directement, sans détour ni circonvolution les résultats. Les formulations devront donc être précises, et surtout pas allusives ou hypothétiques. Il est à ce sujet très important de distinguer commentaires (ce qui accompagne un tableau et ses chiffres) et justifications (qui portent sur des causes possibles des résultats mais qui ne sont pas dans le tableau). Cette confusion – que nous rencontrons très fréquemment – est préjudiciable car elle entraine l’auteur vers des explications (potentielles et par toujours vérifiées de surcroit) au détriment de la mesure (qui elle est tangible et objectivée dans le tableau).

 

5ème clé : la neutralité

 

Notre premier schéma sur la communication (de l’émetteur au récepteur) a été volontairement simplifié. Les meilleurs communicants savent que du message qu’un émetteur veut transmettre ne restera qu’une portion congrue que le récepteur retiendra, passant par le tamis de filtres (ses croyances, ses valeurs, son expérience, ses attentes), sans parler des éventuels parasitages de tous ordres qui peuvent brouiller la transmission et la réception.

Il existe cependant quelques règles pour accroître la « quantité » et l’intégrité du message perçu. L’une d’elles se rapporte aux filtres dont nous venons juste de parler : les mots sont porteurs de sens, d’images, de souvenirs qui peuvent altérer ou modifier le message. Nous aimons à dire que certains sont ainsi connotés. Par exemple, « rentable », quand bien même nous savons très bien qu’il s’agit d’une formule mathématique et financière (en l’occurrence résultat / recettes), est un adjectif qui sera fort probablement perçu par le récepteur de façon différente : soit une aubaine personnelle, un peu opportuniste, soit comme une menace aux ressources et une volonté de réduire les droits et situations des salariés. Plusieurs termes, parfaitement courants au demeurant, sont ainsi « chargés », positivement ou négativement, comme « trop », « peu », « pas », « pas (assez) », « fort », « faible », « bon », « mauvais », « nul », « résilient », « exceptionnel », « seulement »…

Ces mots induisent une forme de jugement, qui oriente le message auprès du récepteur. Cela peut être un objectif de l’émetteur (utiliser certains de ces termes appuie le message), mais cette volonté d’emphase gagnera à être requise avec parcimonie.

 

Ces quelques points invitent donc à mettre en pratique, lors de la rédaction des commentaires, les points suivants :

  • Les termes et les tournures utilisées seront, autant que possibles, neutres et sans jugement (encore moins de valeur).
  • « Les faits, rien que les faits » : les commentaires porteront sur les seuls chiffres, ni plus, ni moins, sans exprimer aucune opinion de la part de l’émetteur.
  • Afin d’éviter toute confusion, les tournures seront affirmatives et l’on évitera les négations (‘ne’ …’pas’ ; ‘ne’… ‘que’ …).
  • Se relire, encore et encore, avec l’avantage inégalable de corriger fautes et coquilles. Même et encore plus quand on n’a pas le temps. Un accident de chiffres est très vite arrivé. Notre métier est celui de la rigueur, cette dernière passant par la forme aussi.

 

 

En guise de conclusion et de conseil, nous savons que cette partie rédactionnelle est parfois redoutée et qu’elle peut faire perdre ses moyens au meilleur contrôleur de gestion et analyste qui soit, d’autant plus si la demande d’informations est exprimée « en urgence » et/ou revêt un caractère stratégique. La pratique régulière est la plus grande alliée du développement de cette compétence qui, à l’heure de la disponibilité et de la relative facilité à avoir des données, devient un atout et une différence pour qui la maîtrise. Les étapes préalables restent inchangées : identification du besoin, extraction et traitements des données, contrôles. Nous conseillons de prendre, même physiquement, du recul quand le tableau est prêt : un peu comme une discipline sportive, réaliser des commentaires relève d’une gymnastique dont le résultat est d’un apport très important pour les destinataires et leur prise de décision.

 

Posté le 28 janvier 2020 par Nathalie L'Hostis

 

Pilar est spécialisée dans la formation, le conseil et le recrutement en contrôle de gestion et aide au pilotage hospitalier. Nos programmes sont spécialement conçus pour vous accompagner sur ces sujets. Nous vous recommandons particulièrement dans cette optique nos programmes suivants, spécialement conçus pour les métiers du pilotage hospitalier et des établissements de santé :

 

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12 programmes centrés sur la comptabilité analytiques hospitalières

9 programmes sur les tableaux de bord et indicateurs de pilotage hospitalier

9 programmes pour maîtriser les techniques du contrôle de gestion et des données hospîtalières

 

Abréviations

AT                    Accident du Travail

ETP                  Equivalent Temps Plein

GHS                 Groupe Homogène de Séjour

MCO                 Médecine Chirurgie Obstétrique

PMSI                Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information

RH                   Ressources Humaines 

SYNCASS         SYndicat National des CAdres Sanitaires Sociaux publics et privés

 

 

 


 

 

 

 

 

 
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