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Pilar remercie ses 10 000 abonnés sur Twitter !

10 000 abonnés sur Twitter !

Nous sommes très heureux d’annoncer avoir atteint le seuil des 10 000 abonnés sur Twitter.

Nous souhaitons remercier, très sincèrement, tous et toutes pour votre fidélité et votre intérêt.

 

Ce cap est l’occasion de revenir sur notre aventure sur les réseaux sociaux depuis de nombreuses années, qui s’est ensuite structurée jusqu’à donner lieu à une authentique politique éditoriale ainsi que la création d’une offre spécialisée de formations à destination des professionnels et des établissements de santé.

 

C’était le 5 avril 2011 : la Chambre de Commerce et d’Industrie de Mont-de-Marsan dans le département des Landes (où le siège social de Pilar est domicilié), nous conviait à une matinée autour de la découverte de Twitter. Salle comble. L’intervenant, très efficace, présente en quelques diapositives les caractéristiques de ce réseau totalement inconnu pour nous, et élargit sa présentation aux thématiques du suivi de réputation, des « bad buzz », des statistiques via les raccourcisseurs d’URL etc … Nous comprenons alors que l’outil peut être utile au développement de notre société, sans cependant nous attendre encore à tout ce qu’il nous apporterait en plus.

 

Car, à l’époque, la première raison de notre intérêt pour les réseaux sociaux est purement … commerciale. Pilar n’avait pas encore 3 ans, et le casse-tête de la gestion d’un BFR * croissant - caractéristique de toute nouvelle entreprise  - faisait que la question du budget publicité et communication était des plus serrées. Nous décidâmes donc de nous lancer dans l’aventure, dans un but premier essentiel : nous aider à faire connaître (et donc à vendre) nos sessions de formation. Comme le disent les livres savants de marketing : la barrière à l’entrée est extrêmement faible (tout le monde peut aller sur Twitter et cela ne coûte rien), alors pourquoi ne pas essayer ? Pas de flux de trésorerie négatif : cela ne nous coûterait que le temps que nous y passerions.

 

Nous voilà donc lancés : création du compte (simplissime et très rapide @Pilar_Institute), fixation de la ligne éditoriale. Si nous n’étions pas très pratiquants des réseaux sociaux, nous savions au moins une chose : les grands principes de notre politique de communication, quel que soit le support, doivent être clairs, homogènes, constants et respectés. Nous fixâmes donc un objectif général global : sur un marché de niche (la formation en aide au pilotage des établissements de santé), pour se démarquer des autres acteurs, c’est l’image d’experts du métier et du secteur que nous devions rechercher. Concrètement, nous n’avions pas encore les moyens de produire nos propres contenus, mais nous pouvions réaliser une veille régulière et appropriée, ce qui permettra de commencer à nous faire connaître. Par ailleurs, dans un monde où les médias insistent plus sur le noir que sur le blanc, sur le sensationnel au détriment de l’analyse, nous nous positionnâmes volontairement comme positifs, neutres, courtois et dans le respect de tous (ce qui inclut aussi nos clients et, autant que possible, le droit d’auteur). Par ailleurs, l’objectif n’étant pas d’être repérés comme des « journalistes » mais bien comme des spécialistes de notre métier, notre revue ne serait pas exhaustive, ni critique, mais bien ciblée, voire technique.

 

La suite de nos actions se résume alors ainsi : les jours ouvrables est tweetée une revue non exhaustive du web ; des « promotions » de nos programmes de formation sont émises mais avec parcimonie. Et tout au long de ces huit années, pas d’incidents de communication à signaler, l’assurance que nos principes de base sur Twitter sont adéquats même si améliorables … et la découverte d’un monde en soi.

 

 

Alors, pour résumer en quelques points ces années sur Twitter, et sur les autres réseaux sociaux que nous avons investi (Facebook et LinkedIn), voici ce qui nous vient à l’esprit :

 

Des réseaux sociaux … et des outils qui vont nécessairement avec

Pilar a commencé sa présence sur les réseaux par Twitter. Avec plus de 10 000 abonnés à ce jour, 14 000 tweets émis, plusieurs interactions avec la twittospère et l’inscription dans de nombreuses listes, ces résultats n’auraient pas été possibles sans l’utilisation conjointe d’autres outils. Par exemple, pour élaborer notre revue quotidienne, nous utilisons « Google alertes » avec, à ce jour, près de 150 combinaisons que nous recueillons et sélectionnons quotidiennement. Soucieux d’évaluer (ah ! la mesure) l’impact et l’adaptation de notre TL, nous sommes passés par le raccourcisseur d’url de Google (goo.gl) aujourd’hui disparu, recourant depuis à bitly.com, ce qui nous permet de mieux cerner et suivre les intérêts de nos abonnés. Nous restons toujours surpris (positivement et négativement), même après toutes ces années, par les statistiques et résultats non payants issus de ces applications qui suivent à la trace de la navigation et du profil des internautes.

Un autre outil majeur : Hootsuite. Dans un monde où l’information est en continu, difficile de paraitre tout à fait professionnel quand les tweets sont émis « par paquet », en fonction de la disponibilité de celui ou celle qui les crée. Par sa fonctionnalité de programmation, Hootsuite (auquel nous avons recours depuis les tout premiers mois), nous a permis d’être à la fois plus sereins et sans doute plus qualitatifs dans notre manière de diffuser les informations. Nous programmons nos tweets en fin de journée pour le lendemain ou le matin pour la journée à venir. Nous pouvons alors retrouver et nous consacrer à nos activités normales, et au passage les plus alimentaires !

Nous suivons ensuite sur smartphone le bon déroulement de la TL programmée et les éventuelles réactions (auxquelles nous répondons toujours d’une manière ou d’une autre), avec parfois certes un décalage dans nos réponses. Pour l’instant, cette possible désynchronisation n’a pas entraîné de réaction négative. Par ces outils, nous passons environ 1h-homme par jour pour alimenter et suivre nos comptes de réseaux sociaux (Twitter, mais aussi Facebook et LinkedIn).

 

Le plus important, c’est le contenu

Voilà le Graal que connait tout community manager : les réseaux sociaux numériques, c’est d’abord la mise à disposition de contenu, si possible original (au sens où il n’existe pas ailleurs) et à valeur ajoutée (cela doit apporter quelque chose au lecteur). L’aspect « influenceur » (très important, bien sûr) ne peut venir que dans un second temps, surtout pour un compte institutionnel (vs. personnel) comme le nôtre.

Oui, mais voilà : comment créer du contenu sans en avoir les moyens (plus exactement le temps) ? C’est Nicolas Pène (@nico_pn), brillant et charismatique coach toulousain qui, part un bel après-midi ensoleillé d’un beau restaurant de sa ville, nous a soufflé la solution : quand on parle en 280 caractères, surtout pour relayer des articles, résumer dans une accroche un ou deux points-clés dudit article, c’est aussi de la création de contenu. Nous postons donc toujours nos tweets de la même manière : quelques mots « personnels » avec une idée force, le lieu en hashtag, le titre de l’article et le lien. Cette pratique a un impact très important : nous lisons TOUS les articles que nous mettons sur notre TL, et EN ENTIER. L’image commerciale d’expertise recherchée passe aussi par la qualité et la fiabilité de notre transmission, même en quelques caractères. Car la pratique montre que les titres des articles ne sont pas toujours conformes à leur contenu …

Ceci explique la plus grande partie de notre temps passé sur les réseaux sociaux. En développement d’une création propre plus étoffée (nous avons ouvert un blog mi-2014 sur notre site et avons rédigés plusieurs études originales), nous avons entre-temps créé une nouvelle rubrique : le #pilarbesttweet de la semaine passée.

La boucle est alors bouclée : le contenu créé par une entreprise est avant tout son propre site internet, et nous sommes assez convaincus qu’il ne peut pas y avoir de comptes de réseaux sociaux efficaces sans un site web développé.

 

 

Une bonne manière de faire de la veille, avec la découverte de sujets déterminants

Notre pratique quotidienne de Twitter, puis de Facebook et de Linkedin à partir de 2012, a eu plus que des répercussions commerciales. A dire vrai, ces dernières sont peut-être la moindre des choses que nous ayons obtenue. Fondamentalement, depuis le départ nous vivons notre présence sur les réseaux sociaux comme un laboratoire et un lieu d’observations et d’expérimentations. Laboratoire, car nous y comprenons que la communication évolue très rapidement et profondément avec ces technologies désormais acquises. Et dans le milieu hospitalier qui est le nôtre, nous pouvons suivre l’émancipation d’un phénomène désormais majeur : le patient expert. Ce point bouscule véritablement les relations entre les personnes et les soignants, sans que ces derniers ne sachent toujours comment s’y prendre. L’apparition du SIDA dans les années 1980 avait vu la constitution de groupes de patients revendiquant un rôle dans la manière de faire face à la maladie, tant d’un point de vue individuel que collectif. Dans les années 2000, c’est l’apparition d’internet qui a suscité les blogs, sites spécialisés ou entre patients, les partages d’expériences ou d’informations. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui le troisième pied de ce triangle qui voit l’affirmation irréversible du patient comme sujet actif, détenteur d’un savoir propre et communicant. Sans notre pratique de Twitter nous ne l’aurions pas vu.

Outre cette thématique, nos sujets de découvertes et de recherche sont facilités : intelligence artificielle, santé mobile, e-santé, tourisme médical, big data, « démocratie » participative … sont autant de domaines qu’il nous aurait été difficile de percevoir dans un autre cadre.  

 

 

De belles rencontres IRL, sources d’inspiration et d’échanges pour toutes nos activités

Loin d’être un paradoxe, le social étant la raison d’être et de fonctionner de Twitter en particulier, plusieurs échanges virtuels ont donné lieu à des rencontres IRL (In-Real-Life, que l’on pourrait traduire par en-face-à-face-autour-d’un-bon-café-ou-déjeuner). Et c’est toujours la remarque d’Evelyne Pierron (@evepie), médecin et consultant en pharmacovigilance qui le résume le mieux cela à nos yeux : les meilleurs contacts sur les réseaux sociaux sont souvent des contacts qui, même sans Twitter, auraient donné lieu à de très bonnes relations réelles. Nous avons pu approfondir lors de dîners - toujours très agréables -  par exemple la notion de patients experts avec les formidables Catherine Cerisey (@cathcerisey) et Giovanna Marsico (@giomarsi), la communication digitale et l’aventure d’une start-up innovante avec Julien Artu (@JulienArtu) et @MyHospiFriend, la culture à l’hôpital et les projets patients en ARS avec Isabelle de Rosa (@encorse1), last, but not least, le gigantesque univers des applications mobiles, notamment iPhone, iOS et autres langages émergeants avec Guillaume Sempé (@gsempe) (qu’il soit chaleureusement remercié pour les nombreux conseils avisés qu’il nous a donnés dans ces domaines et sur Twitter, dont il est un des utilisateurs-influenceurs historiques). D’autres sont venus et restés encore (@hopitaltrend, @MarcGozlan, @LionelREICHARDT, @MarieBurnier, @Demesmay_capio, @francisjubert, @DSirmtCom …), les clins d’œil avec les institutionnels aussi (@laFHF, @FHPMCO, @ANAP_Sante, @SanteAquitaine, @SMPS_national, @Hospimedia…) et les établissements (@chdax, @CHCoteBasque, @Hopitaux_Unige, @RESEAUCHU … ) soulignant le caractère social inaliénable de Twitter, rendant la question de l’authenticité primordiale, aussi bien pour les individus que pour les entreprises.

 

 

Un bilan très positif, qui enrichit notre expertise sur l’information de gestion

Oui, nous sommes très satisfaits de notre parcours et de notre expérience sur Twitter lors de ces dernières années et ne pouvons imaginer nos activités sans ce média aujourd’hui. Cela nous a permit en particulier d’ouvrir nos activités et nos prestations à la communication externe des établissements de santé, pas encore tout à fait prêts à des comportements si différents sur ces médias. Satisfaction aussi de voir que nos principes de départ sont plutôt solides : même si cela nous fait sans doute perdre un peu de notoriété, notre posture de neutralité (nous ne communiquons aussi très peu sur nos missions clients ou nos relations partenaires, par souci de discrétion et volonté de confiance), de tempérance et de bienveillance ont probablement évité bien des soucis possibles.

Et même si Twitter existait depuis plusieurs années avant que nous n’y débarquions, nous avons le sentiment, un peu naïf et désuet, d’être montés dans le train en marche de l’Histoire. Et c’est tout cela que nous poursuivrons, en essayant de faire mieux !

 

 

* BFR : Besoin en Fonds de Roulement

 

 

 

Nathalie L’Hostis, directrice de Pilar

Mise à jour le 29 novembre 2019 (première publication le 10 avril 2015

 

 

Suite à notre expérience et à nos missions, nous avons créé une offre de formation inédite, en session de courte durée, sur les réseaux sociaux pour les professionnels et établissements de santé. Nous vous invitons à les découvrir ici 

 

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Copyright Pilar - Comment utiliser la méthode effet prix - effet volume en établissement de santé

Comment utiliser la méthode effet prix – effet volume en établissement de santé

Pour un meilleur confort de lecture, nous vous invitons à télécharger ce post (au format pdf).

Un récapitulatif des abréviations utilisées dans ce document se trouve en fin de document. Elle est complétée des références utilisées pour réaliser le présent document et de liens complémentaires.

 

S’il est un grand classique dans les techniques de contrôle de gestion, c’est bien la méthode dite « Effet prix – effet volume », dont l’objet est d’apporter des précisions et des mesures lors de la mise en évidence d’écarts.

Pour tout dire, ce type de calculs porte avant tout et préférentiellement sur des évolutions de chiffre d’affaires, en lien direct avec le suivi budgétaire des ventes.

Ces premières phrases, directement issues du secteur marchand, ne rendent-elles pas cette technique inadaptée au milieu, tertiaire et majoritairement à but non lucratif, qu’est l’hôpital ?

Et bien, non. Pour tout dire, bien qu’apprise en formation initiale, notre utilisation de cette méthode est plutôt récente (quelques années tout au plus, sur une carrière de plus d’un quart de siècle à cette heure). Nous vécûmes à ce sujet un authentique requestionnement à son sujet, lors de la parution en 2014 de l’excellent « Guide pour le suivi de la masse salariale » élaboré par la Direction Générale de l’Offre de Soins, du Ministère de la Santé français [1].

Ainsi, dans ce court document de référence, la tutelle estime et fait de cette technique un outil incontournable du suivi de l’évolution des dépenses de personnel. L’exemple synthétique (repris ci-contre) et bien décrit montre ainsi la « rapidité », voire la simplicité de réalisation de ces calculs, tout en suggérant un enrichissement de la compréhension des écarts, et donc des voies d’amélioration et des leviers d’actions possibles selon le sujet analysé.

Guide masse salariale hôpital - DGOS

 

Qu’est-ce que la méthode effet prix – effet volume ?

Une technique de calcul des écarts

Le pilotage économique et financier de toute organisation – à but lucratif ou non – nécessite de comparer régulièrement les résultats atteints (en termes de recettes, de dépenses, de volume d’activités…), soit avec le budget lorsqu’il existe (dans les établissements hospitaliers publics français, la référence et le cycle de gestion sont caractérisés dans l’Etat Prévisionnel des Recettes et des Dépenses (EPRD)), soit avec les années passées.

La mise en évidence d’écarts (réel vs. prévisionnel, réel N vs. réel N-1, réel établissement vs. réel moyenne nationale ou d’un échantillon…) permet dans un premier temps d’identifier des différences par rapport à des normes ou des objectifs, pour, dans un second temps, repérer les axes d’amélioration ou de réajustement.

Dans l’ouvrage collectif « Le contrôle de gestion, organisation, outils et pratiques », les auteurs expliquent qu’à chaque type d’écart peut être associé un type de cause [2] : « Un écart par rapport au budget matérialise une « déviation » par rapport à la trajectoire que l’entreprise s’était initialement fixée. Chaque type d’écart correspond à un type de déviation, à une catégorie de « phénomènes perturbateurs » qui ont pu se produire ».

S’agissant par exemple des recettes, quatre grands types d’écarts peuvent être mesurés :

  • L’écart sur les volumes (quel est l’impact des variations relatives aux quantités vendues)
  • L’écart sur le rendement (quel est l’impact des variations concernant les quantités consommées et utilisées)
  • L’écart sur les prix (quel est l’impact des variations relatives aux prix de vente ou au coût d’achat)
  • L’écart sur le mix (quel est l’impact de la variation de la répartition des recettes selon les différents produits ou prestations)

Pour ne pas « alourdir » notre démonstration, nous choisissons de ne pas publier les règles de chacune, d’autant que dans le cadre d’une utilisation hospitalière, une adaptation importante nous parait à apporter. En effet, afin d’isoler les deux plus grandes causes d’écarts qui nous semblent avoir lieu le plus fréquemment, nous proposons de ne pas prendre en compte ni l’ « effet mix », ni de l’effet rendement.

 

Des adaptations et une proposition de démarche pour le domaine hospitalier

Il résulte de notre choix précédent que, pour un sujet donné, un écart global (par exemple dépenses de personnel réelles vs. budgétées) peut être expliqué soit par l’évolution des effectifs rémunérés, soit par l’évolution du salaire moyen par effectif rémunéré. Un tableau synthétique éclaircira rapidement ce point.

Ainsi, imaginons qu’un établissement de santé souhaite mesurer, puis comprendre, l’évolution de sa masse salariale par rapport à l’année passée. La progression que nous présentons peut être considérée comme un fil conducteur et ré-applicable à toute situation.

Etape u : un tableau avec quatre nombres

Pour cela et à ce stade, seuls quatre chiffres sont nécessaires :

- la masse salariale N

- la masse salariale N-1

- les effectifs rémunérés en N

- les effectifs rémunérés en N-1

Copyright Post Pilar – Effet prix – Effet volume Tableau 1

 

 

Etape v : ajout de l’indicateur « coût moyen » et des colonnes d’écart

Un simple tableau à trois colonnes et trois lignes et à construire.

En effet, outre les € des dépenses et les volumes des effectifs, un troisième indicateur est à calculer : le salaire moyen par effectif (qui correspond à la division entre la masse salariale totale et les effectifs rémunérés). On calcule les écarts année N vs. N-1 pour chacune des dimensions.

Copyright Post Pilar – Effet prix – Effet volume Tableau 2
 

 

Etape w : calcul des effets prix et volume

Nous allons à ce stade mesurer alternativement chacune des raisons qui ont pu avoir un impact sur la variation de la masse salariale.

Commençons par l’effet prix : nous cherchons à évaluer l’effet de la variation (en l’occurrence ici une hausse) du salaire moyen sur la masse salariale totale. Pour cela, nous aimons à dire cette phrase : 

« Si l’établissement avait conservé les mêmes effectifs (c’est-à-dire 1 000),

comme le salaire a augmenté de + 500 € en moyenne pour chaque effectif,

la masse salariale aurait augmenté de 500 000 € ».

La formule de l’effet prix est la suivante :

(Salaire moyen N – Salaire moyen N-1 ) x Effectifs N-1

Soit dans l’exemple présent :

(32 500 € - 32 000 €) x 1 000 effectifs = + 500 000 €

 

Pour l’effet volume, voici la phrase qui peut être illustrative et utilisée : 

« Les effectifs ont augmenté de + 5. Or, comme chacun a perçu un salaire moyen de 32 500 € à l’année N, la masse salariale est augmentée de + 162 500 €. »

La formule de l’effet volume est la suivante :

(Effectifs N – Effectifs N-1 ) x Salaire moyen par effectif N

Soit dans l’exemple présent :

(1 005 – 1 000) x 32 500 € =                + 162 500 €

 

Par cette procédure, nous venons donc de clarifier la hausse globale de la masse salariale de + 662 500 € entre N et N-1, par un effet prix de + 500 000 € et un effet volume de + 162 500 €. Pour une présentation très « contrôle de gestion », ce tableau gagnera à être accompagné d’un commentaire littéral et synthétique qui pourrait être formulé ainsi : 

« La hausse de + 662 500 € de la masse salariale entre N et N-1 est expliquée aux trois quarts * par la hausse du salaire moyen (+ 500 €, soit + 1,6 %). La quasi-stabilité des effectifs (+ 5, soit +0 ,5 %) a eu un impact limité (+ 162 500 €, soit le quart) sur l’augmentation de la masse salariale totale ».

* 500 000 € / 662 500 € = 75 %

Nous portons l’attention sur le fait que la somme des deux effets doit toujours être exactement égale à l’écart total.

 

Les secteurs et activités qui s’y prêtent bien (avec des illustrations associés)

Les exemples à venir sont tout autant présentés pour montrer que l’analyse des écarts par les « prix » et les « volumes » peut s’appliquer dans plusieurs secteurs du monde hospitalier, que, telle la répétition d’exercices pour bien maitriser la méthode, calculés autant de fois pour illustrer et s’approprier la démarche. Nous souhaitons aussi montrer que si les écarts peuvent se calculer par rapport à l’année antérieure, ceci est aussi réalisable avec les prévisions pour la période en cours, mais aussi avec un établissement de référence ou un échantillon de structures. C’est pourquoi, nous nous référerons à des documents disponibles sur internet et à des bases de référence de type Hospidiag [3].

Nous venons de voir que la technique effet prix – effet volume est bien contributive de la compréhension des évolutions de la masse salariale. Dans le champs des ressources humaines, deux autres thématiques peuvent utilement y faire appel : la formation et l’absentéisme. Nous verrons ensuite que les achats, la logistique et la comptabilité analytique s’y prêtent aussi.

 


Le pilotage et le suivi de la formation

La situation à analyser

Imaginons un établissement de santé universitaire, le CHU de Pandora, qui souhaite savoir si son effort en termes de formation continue est proche de ses homologues. En 2018, après une évolution très importante des dépenses allouées à ce sujet (8 500 000 € contre 7 900 000 € en 2017, soit + 600 000 € et + 7 %), il souhaite mieux connaître son positionnement, sachant que 11 000 départs en formation ont été enregistrés. 

Dans ses études internes, il se compare régulièrement au CHU de Bordeaux. Ce dernier met d’ailleurs en ligne son bilan social fournissant de nombreux indicateurs et données relatifs à ses ressources humaines[4]. Ainsi, l’on apprend page 6 qu’en 2018, 10 653 départs ont été réalisés, pour une dépense totale de 9 850 000 €.

 

La démarche, pas à pas

Nous confirmons bien détenir les (seuls) quatre chiffres nécessaires à notre analyse :

Copyright Pilar - Post effet prix - effet volume en établissement de santé - Tableau 3

Nous pouvons donc construire notre tableau total avec les écarts :

Copyright Pilar - Post effet prix - effet volume en établissement de santé - Tableau 4

 

Calculons maintenant les deux effets, en nous aidant de nos deux phrases :

Pour l’effet prix, dont le calcul est 10 653 x (- 152 €) = - 1 618 136 €  :

« Si le CHU de Pandora avait les mêmes effectifs que le CHU de Bordeaux (c’est-à-dire 10 653), comme la dépense moyenne des départs en formation du CHU de Bordeaux est 152 € supérieure, les dépenses de formation du CHU de Pandora seraient inférieures de 1 618 136 € »

Pour l’effet volume, dont le calcul est 347 x 773 € = 268 136 €  :

« Le CHU de Pandora enregistre plus de départs en formation que le CHU de Bordeaux. Or, comme chaque départ a généré, au CHU de Pandora, une dépense moyenne de 773 €, la dépense de formation concernée est supérieure de + 268 136 € à celle du CHU de Bordeaux ».

Pour le contrôle, la somme des deux effets (- 1 618 136 + 268 136 = - 1 350 000 €) est bien égale à l’écart total.

En guise de commentaires, il serait donc possible d’écrire :

« Les départs en formation du CHU de Pandora (11 000) sont légèrement supérieurs (+ 3 %) à ceux du CHU de Bordeaux (10 653). Pourtant, avec 8 500 k€ en 2018, sa dépense totale en formation est très en-decà de celle du CHU de Bordeaux (9 850 k€, soit -14 % et – 1 350 k€).

Cette situation s’explique par deux effets prix et volume contraires : les effectifs supérieurs expliquent un écart positif de 268 k€, alors que la dépense moyenne (inférieure de 152  € et – 16 %) aboutit à un écart négatif de – 1 618 k€. »

 


L’analyse de l’absentéisme

 

La situation à analyser

L’intérêt de cette illustration réside dans le fait que l’on peut recourir aux calculs d’effets prix / volume même lorsqu’il n’y a pas de dépenses ou de recettes, c’est-à-dire sans un montant en devises.

C’est le cas, par exemple, lorsque l’on cherche à mieux comprendre les indicateurs globaux autour de l’absentéisme.

Nous construisons à partir d’Hospidiag  la présente illustration avec un Centre Hospitalier « Alexandre Dumas » situé dans la région des Hauts-de-France. Son taux d’absentéisme pour motif médical de son personnel non médical est en croissance sur les cinq derniers exercices, pour atteindre 8,3 % en 2017, correspondant à environ 59 000 journées d’absence pour environ 1 950 effectifs non médicaux.

Il choisit de se comparer au Centre Hospitalier du Nord-Est sensiblement de même taille, assez proche géographiquement (moins d’une heure), et surtout plus « performant » sur ce thème. Ce dernier compte 2 000 effectifs non médicaux et 50 000 journées d’absence, soit un taux d’absentéisme de 6,8 %.

 

La démarche, pas à pas

Nous confirmons bien détenir les (seuls) quatre chiffres nécessaires à notre analyse :

Copyright Pilar - Post effet prix - effet volume en établissement de santé - Tableau 5

Nous pouvons donc construire notre tableau total avec les écarts :

Copyright Pilar - Post effet prix - effet volume en établissement de santé - Tableau 6

 

Calculons maintenant les deux effets, en nous aidant de nos deux phrases :

Pour l’effet « prix », dont le calcul est 1 950 x 5 jours =  10 000 jours  :

Il correspond dans ce cas à la durée moyenne des absences.

« Si le CH Alexandre Dumas avait les mêmes effectifs que le CH du Nord-Est (c’est-à-dire 2 000), comme la durée moyenne d’absence du CH du Nord-Est est inférieure de 5 jours, le nombre total de jours d’absence du CH Alexandre Dumas seraient inférieures de 10 000 jours »

Pour l’effet volume, dont le calcul est - 50 x 30 jours = - 1 500 jours  :

« Le CH Alexandre Dumas dispose de moins d’effectifs non médicaux (- 50) que le CH du Nord-Est. Or, comme chaque effectif, au CH Alexandre Dumas, comptabilise une durée moyenne d’absence de 30 jours, le nombre total de jours d’absence est inférieur de – 1 500 jours par rapport à celui du CH du Nord-Est ».

Pour le contrôle, la somme des deux effets (10 000 – 1 500 = 8 500) est bien égale à l’écart total.

En guise de commentaires, il serait donc possible d’écrire :

« Le nombre de jours d’absence du CH Alexandre Dumas est largement supérieur à celui du CH du Nord-Est (+ 8 500, soit +14 %), alors même que ses effectifs sont légèrement inférieurs (- 50, soit – 2 %).

Cette situation est majoritairement expliquée par un « effet prix », en l’occurrence une durée moyenne d’absence sensiblement plus importante (30 jours contre 25 jours). Dit autrement, si le CH Alexandre Dumas avait la même durée moyenne d’absence par effectif, ce sont 10 000 journées de moins qui seraient concernées. »

Cet exemple peut être repris point par point dans un tout autre domaine : l’analyse des durées moyennes de séjour en hospitalisation complète.

 


 

Les dépenses pharmaceutiques, par exemple en dialyse

 

La situation à analyser

L’idée de ce nouvel exemple est de montrer l’impact de l’évolution d’une activité telle que la dialyse, et de trouver rapidement les données via les retraitements comptables et la Statistique Annuelle des Etablissements (SAE).

Dans ses retraitements comptables 2018, un établissement privé à but non lucratif a identifié un coût total de 1 985 000 € sur sa section de dialyse. Ce coût est en large retrait par rapport à l’année précédente où il s’établissait à 2 300 000 € (- 315 000 €, soit – 14 %). Ces données sont issues des tableaux de contrôle VALID-RTC, où l’on peut noter que l’activité en ICR (Indice de Coût Relatif) est elle-même en recul de – 7 %.

Pourtant, l’établissement estime que la notion d’ICR n’est pas aisée à manipuler par rapport au nombre de séances, d’autant que des biais dans l’exhaustivité du recueil et du codage ont été identifiés.

Le nombre de séances est aisément disponible via la SAE [5]. Une interrogation rapide montre que 6 500 dialyses ont été décomptées en 2018, contre 6 100 en 2017, soit une hausse de + 400 et + 6 %.

Les dépenses de personnel étant par ailleurs restées stables, il souhaite évaluer l’impact de l’évolution des seules dépenses à caractère médical. Par ses RTC 2017 et 2018, il est possible de recueillir ce montant qui est passé de 245 000 € à 232 000 € (soit -13 000 € et – 5 %).

 

La démarche, pas à pas

Nous confirmons bien détenir les (seuls) quatre chiffres nécessaires à notre analyse :

Copyright Pilar - Post effet prix - effet volume en établissement de santé - Tableau 7
 

Nous pouvons donc construire notre tableau total avec les écarts :

Copyright Pilar - Post effet prix - effet volume en établissement de santé - Tableau 8

 

Calculons maintenant les deux effets, en nous aidant de nos deux phrases :

Pour l’effet prix, dont le calcul est 6 100 x (- 4,47 €) = - 27 277 €  :

« Si l’établissement avait réalisé le même nombre de séances de dialyse en 2018 qu’en 2017 (c’est-à-dire 6 100), comme la dépense moyenne pharmaceutique par séance a diminué de – 4,47 €, les dépenses seraient inférieures de - 27 267 € ».

Pour l’effet volume, dont le calcul est 400 x 35,69 € = 14 277 €  :

« L’établissement a enregistré une augmentation du nombre de dialyses réalisées. Or, comme chaque séance a consommé un coût moyen de 35,69 € de dépenses pharmaceutiques en 2018, la dépense totale est supérieure de + 14 277 € par rapport à 2017 ».

Pour le contrôle, la somme des deux effets (- 27 277 + 14 277 = - 13 000) est bien égale à l’écart total (les chiffres exacts non arrondis ont été utilisés).

En guise de commentaires, il serait donc possible d’écrire :

« Les dépenses pharmaceutiques relatives à l’activité de dialyse ont diminué de – 13 k€ entre 2017 et 2018, alors même que le nombre de séances augmentait (+ 400, soit + 6%).

Cette situation s’explique par deux effets prix et volume contraires : les volumes supérieurs expliquent un écart positif de + 14 k€, alors que la dépense pharmaceutique moyenne par dialyse (inférieure de - 4,5  € et – 11 %) aboutit à un écart négatif de – 27 k€. »

 


Les dépenses de restauration

 

La situation à analyser

C’est un grand classique : en dehors des dépenses de personnel et pharmaceutiques, les charges de logistique et de gestion générale concentrent de 20% à 30 % des coûts d’un établissement de santé. La restauration se situe au premier rang, et, par nature comptable, représente surtout le quatrième ou cinquième compte de dépense.

A nouveau, les données issues de la comptabilité analytique, croisant les volumes des repas produits avec les charges affectées à la fonction restauration, se prêtent très bien à une analyse effet prix – effet volume.

Nous prenons l’exemple d’un centre de lutte contre le cancer. Lors de la réalisation de ses retraitements comptables, il constate une forte baisse des dépenses de sa fonction restauration entre 2017 (1 750 000 €) et 2018 (1 515 000 €, soit – 235 k€ et – 13%). Pourtant, dans le même temps, le nombre de repas servis aux patients a augmenté de 186 000 à 195 000 (soit + 9 000 et + 4,8 %).

 

La démarche, pas à pas

Nous confirmons bien détenir les (seuls) quatre chiffres nécessaires à notre analyse :

Copyright Pilar - Post effet prix - effet volume en établissement de santé - Tableau 9
 

Nous pouvons donc construire notre tableau total avec les écarts :

Copyright Pilar - Post effet prix - effet volume en établissement de santé - Tableau 10

Calculons maintenant les deux effets, en nous aidant de nos deux phrases :

Pour l’effet prix, dont le calcul est 186 000 x (- 1,64 €) = - 304 923 €  :

« Si l’établissement avait réalisé le même nombre de repas en 2018 qu’en 2017 (c’est-à-dire 186 000), comme le coût moyen par repas a diminué de – 1,64 €, les dépenses seraient inférieures de – 305 040 € ».

Pour l’effet volume, dont le calcul est 9 000 x 7,77 € = 69 923 €  :

« L’établissement a enregistré une augmentation du nombre de repas servis. Or, comme chaque repas a un coût moyen de 7,77 € en 2018, la dépense totale est supérieure de + 69 923 € par rapport à 2017 ».

Pour le contrôle, la somme des deux effets (- 304 923 + 69 923 = - 235 000) est bien égale à l’écart total (les chiffres exacts non arrondis ont été utilisés).

En guise de commentaires, il serait donc possible d’écrire :

« Les dépenses de restauration ont diminué de – 235 k€ entre 2017 et 2018, alors même que le nombre de repas servis augmentait (+ 9 000, soit + 5%).

Cette situation s’explique par deux effets prix et volume contraires : les volumes supérieurs expliquent un écart positif de + 70 k€, alors que le coût moyen par repas (inférieure de - 1,6  € et – 17  %) aboutit à un écart négatif de – 304 k€. »

 


Les recettes liées à l’activité, par exemple les suppléments réanimation

 

La situation à analyser

S’il est un domaine où la technique effet prix / volume excelle, c’est bien dans le champ des recettes et du chiffre d’affaires. Appliquons-la, par exemple, pour comprendre l’évolution des recettes de suppléments au séjour, comme en réanimation.

Ainsi, dans notre cas, entre 2017 et 2018, le tarif national pour une journée validée en réanimation a été augmenté de 5 €, passant de 803 € à 808 € par jour. Or, l’établissement sujet de notre illustration note un recul des recettes sur ce sujet, passées de 2 470 000 € à 2 445 000 €, soit – 25 000 € et – 1 %.

La démarche, pas à pas

Nous confirmons bien détenir les (seuls) quatre chiffres nécessaires à notre analyse :

Copyright Pilar - Post effet prix - effet volume en établissement de santé - Tableau 11

Nous pouvons donc construire notre tableau total avec les écarts :

Copyright Pilar - Post effet prix - effet volume en établissement de santé - Tableau 12

Calculons maintenant les deux effets, en nous aidant de nos deux phrases :

Pour l’effet prix, dont le calcul est 3 075 x 5 € = + 15 413 €  :

« Si l’établissement avait réalisé le même nombre de suppléments réanimation en 2018 qu’en 2017 (c’est-à-dire 3 075), comme le tarif moyen par supplément a augmenté de + 5 €, les recettes seraient supérieures de + 15 413 € ».

Pour l’effet volume, dont le calcul est (- 50) x 808 € = - 40 413 €  :

« L’établissement a enregistré une diminution du nombre de journées avec suppléments de réanimation (- 50). Or, comme chaque journée a une recette moyenne de 808 € en 2018, la recette totale est minorée de – 40 413 € par rapport à 2017 ».

Pour le contrôle, la somme des deux effets (+ 15 413 € - 40 413 € = - 25 000 €) est bien égale à l’écart total (les chiffres exacts non arrondis ont été utilisés).

En guise de commentaires, il serait donc possible d’écrire :

« Les recettes liées aux suppléments en réanimation ont diminué de – 25 k€ entre 2017 et 2018, alors même que le tarif unitaire augmentait (+ 5 €, soit + 0,6 %).

Cette situation s’explique par deux effets prix et volume contraires : les volumes inférieurs expliquent un écart négatif de recettes de - 40 k€, alors que la recette moyenne par supplément aboutit à un écart positif de + 15  k€. »


 

Suggestions et recommandations

D’autres exemples à creuser

Ces premiers exemples, volontairement réitérés, montrent que d’autres thématiques peuvent donner lieu à ce type d’analyses. Nous notons pêle-mêle :

  • Les dépenses des spécialités coûteuses selon le nombre de séjours
  • Les dépenses d’entretien ou de services hôteliers en fonction des mètres carrés (dont le périmètre peut changer)
  • Les achats et dépenses du système d’information en fonction du nombre de postes
  • Les recettes ou coûts des consultations et actes externes…

D’autres situations peuvent recourir utilement à ces évaluations, par exemple lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) dans le secteur privé ou de calculs prévisionnels de primes. Ainsi, les augmentations négociées rapprochées de l’évolution des effectifs donnent rapidement une estimation des dépenses prochaines de personnel.

 

Les perspectives et les pistes pour aller plus loin

Notre première recommandation, que nous avons appuyé dans nos exemples, est d’utiliser les bases de données existantes qui regorgent de données de comparaisons. Nous pensons bien évidemment en France à Hospidiag, mais aussi à la SAE ou à ScanSanté (pour les données d’activités PMSI).

Les établissements mettent aussi à disposition sur leur site internet et permettent le téléchargement de nombreuses informations, notamment par leurs bilans sociaux ou leurs rapports d’activité.

Enfin, les tableaux de contrôle VALID-RTC produits dans le cadre du dispositif de comptabilité analytique français des retraitements comptables sont une très grande source d’information, puisque les résultats (en coûts complets ou partiels) sont toujours fournis pour l’année en cours et l’année précédente, ce qui représente de très nombreuses situations d’analyse pour comparer alternativement volumes et coûts.

Ces quelques lignes peuvent être résumées en suggérant de penser systématiquement au parangonnage (ou « benchmarking ») auquel on ne songe pas toujours en ces termes.

 

Quelques conseils

Le premier découle des lignes immédiatement précédentes : nous vous conseillons de toujours estimer qu’il est possible de réaliser des comparaisons soit par rapport à l’historique de l’établissement, soit par rapport aux données d’autres structures.

Le second est un peu tautologique, mais il consiste à conseiller de toujours penser à l’existence de cette méthode effets prix / volume pour enrichir et renforcer la qualité de vos présentations et de vos analyses.

Afin de faciliter les calculs et l’appropriation des résultats, nous proposons de « réciter les formules en français », c’est-à-dire d’utiliser comme une aide les deux phrases que nous avons systématiquement utiliser dans nos exemples. Cela permet une meilleure compréhension tant pour celui ou celle qui réalise les calculs que pour celui ou celle à qui ils sont exposés.

S’il n’est pas utile (voire même déconseillé) de faire de longues analyses, une ou deux phrases de commentaires synthétiques – sans lien de cause à effet et strictement factuelles – permettent à chaque interlocuteur de comprendre rapidement et durablement les résultats. C’est le sens de la rubrique « en guise de commentaires » que nous avons rédigée pour chacun des précédents exemples et que nous vous offrons de ré-utiliser ad libitum.

Enfin, nous venons d’évoquer les liens de cause à effet (qui sont à évoquer avec beaucoup de prudence), qui nous amènent à suggérer le recours complémentaire à un autre mode de calcul : celui du coefficient de corrélation. En quelques mots, ce dernier a pour but de mesurer les évolutions entre deux séries de données, plus précisément de voir si elles sont corollaires ou indépendantes. Ceci fera l’objet d’un prochain post…

 

Abréviations

CHU     Centre Hospitalier Universitaire

EPRD    Etat Prévisionnel des Recettes et des Dépenses

ICR      Indice de Coût Relatif

NAO     Négociation Annuelle Obligatoire

RTC      Retraitements Comptables

SAE      Statistique Annuelle des Etablissements

 

 

Posté le 28 octobre 2019 par Nathalie L'Hostis

 

 

Pilar est spécialisée dans la formation, le conseil et le recrutement en contrôle de gestion et aide au pilotage hospitalier. Nos programmes sont spécialement conçus pour vous accompagner sur ces sujets. Nous vous recommandons particulièrement dans cette optique nos programmes suivants, spécialement conçus pour les métiers du pilotage hospitalier et des établissements de santé :

 

10 programmes experts dédiés aux différents métiers du contrôle de gestion hospitalier

9 programmes centrés sur la comptabilité analytiques hospitalières

7 programmes sur les tableaux de bord et indicateurs de pilotage hospitalier

6 programmes pour améliorer et maîtriser les techniques du contrôle de gestion et des données hospîtalières

 

[1] Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS), 2014 : « Guide pour le suivi de la masse salariale », https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dgos_guide_suivi_masse_salariale_2014.pdf

[2] Hélène Löning, Véronique Malleret, Jérôme Méric, Yvon Pesqueux, Eve Chiapello, Daniel Michel, Andreù Solé, 2008 : « Le contrôle de gestion : organisation, outils et pratiques », 3ème édition. Dunod.

Une étude des missions, profils, pays et ancienneté du case management hospitalier francophone

Qui sont les case managers et gestionnaires de cas hospitaliers sur LinkedIn ?

 

Pour un meilleur confort de lecture, nous vous invitons à télécharger ce post (au format pdf).

Un récapitulatif des abréviations utilisées dans ce document se trouve en dernière page. Elle est complétée des références utilisées pour réaliser le présent document et de liens complémentaires.

 

Alors qu’elle tiendra dans quelques semaines sa grande conférence annuelle[1] à Las Vegas, avec plusieurs milliers de participants attendus des quatre coins du monde, et qu’elle vient de renouveler son conseil d’administration – entièrement féminin -, la Case Management Society Of America[2] fait figure de repère et fêtera l’année prochaine ses trente ans. Une simple recherche sur LinkedIn, célèbre réseau social du monde professionnel, avec les mots-clés « case manager » et le filtre « Hôpitaux et centres de santé » ne donne pas moins de 119 180 profils au 29 mars 2019. La même requête complétée d’un filtre supplémentaire « profil en français », aboutit à un infime sous-groupe de 116 profils…

 

Force est de constater, en dehors de ces premiers chiffres, que le métier de « case manager hospitalier » (on parlera aussi de « gestionnaire de cas ») n’est pas des plus connus, notamment en France, mais a fort à gagner à l’être. Telle est du moins notre conviction depuis de nombreuses années, tant la problématique de la coordination de des prises en charge des patients, dans un environnement complexe aux multiples intervenants, ainsi que des besoins qui se chronicisent et à envisà moyen et long terme, rendent la thématique opportune.

 

En tous les cas, voici la question que nous nous sommes posée : comment identifier les profils et les missions des case managers exerçant aujourd’hui en établissement hospitalier ou en structure sanitaire francophone ? Peut-on les dénombrer, comprendre leur parcours et relever des points communs entre eux ? Certains hôpitaux ou quelques pays se dégagent-ils en ce qui concerne cette fonction émergente ? Existe-t-il des formations particulières pour faire ce métier ?

 

Nos activités, en particulier de formation, nous ont amenés à proposer déjà depuis plusieurs années des repères pour comprendre ce métier, ce que nous ferons dans la première partie de la présente analyse. Nous poursuivrons ensuite notre étude par l’explication de notre méthode pour répondre aux précédentes questions et livreront enfin nos résultats, et nos éventuelles suggestions.

 

 

Qu’est-ce que le case management dans le domaine de la santé ?

 

Une fonction qui nait aux Etats-Unis

 

Comme son nom l’indique, le case management (ou « gestion de cas » pour des termes francisés), trouve son origine en pays anglo-saxon, aux Etats-Unis. Il s’agit[3] d’une méthode d’accompagnement à destination de personnes individuelles (patient, enfant, assuré, professionnel en recherche d’emploi…) permettant de gérer des questions diverses, souvent complexes.

 

Pour mieux comprendre les buts recherchés et les principes d’intervention, penchons-nous sur la genèse de son histoire, déjà longue puisqu’elle remonte à la deuxième moitié du XIXème siècle. Les Etats-Unis connaissent leur grande période d’accueil d’émigrés : pour la seule entrée par New York, le point de contrôle d’Ellis Island verra le passage de 12 millions de personnes entre 1892 et 1954. Des besoins divers, nouveaux et d’ampleur se posent, et pour y répondre est organisé en 1863 dans l’Etat du Massachussets un « Board of Charities » qui crée les premiers services sociaux et sanitaires à destination des nouveaux arrivants.

 

Les techniques et les organisations se perfectionnent, jusqu’à voir l’inscription du travail social au répertoire des méthodes dans les années 1920.

 

Une autre étape poussée par la Grande Histoire va renforcer le recours à ce type de modèle de prise en charge avec dans la décennie 1940 le retour de nombreux soldats polytraumatisés, tant d’un point de vue locomoteur que psychique. Le pays est déjà caractérisé par une fragmentation et une hyperspécialisation de son offre hospitalière et soignante. Or les blessés - dont les besoins nécessitent de nombreux disciplines médicales et paramédicales - ainsi que leur entourage, ont du mal à identifier les professionnels et les établissements le plus adaptés à leurs cas. Dans le même temps, les effectifs à prendre en charge sont très importants, aboutissant à un manque d’efficacité du système et à une augmentation des dépenses, alors même que le contexte économique est fragile.

 

Cette situation amène à recourir au case management, dont le principe essentiel sera de désinstitutionnaliser les patients, par une méthode d’accompagnement de retour et de maintien à domicile.

 

 

Les raisons qui contribuent au développement du case management

 

Les raisons du développement du case management depuis plusieurs décennies sont toujours d’actualité : l’hyper-spécialisation du système de santé rend difficile sa compréhension et l’orientation des patients. La grande richesse de l’offre de soins la rend complexe et finalement peu synthétisable et connue pour le grand public. De plus, l’allongement de la durée de la vie entraîne un nombre croissant de patients, aux profils multipathologiques, à la complexité médicale et sociale importante et sur une durée non plus épisodique et courte mais chronique.

 

De ces deux premiers points résulte un constat de cloisonnement et de communication partielle entre les institutions, illustré par un langage commun réduit voire inexistant.

 

Les objectifs politiques d’optimisation voire de réduction des dépenses renforcent la contrainte sur la maîtrise des activités et de leur coût direct, et mettent donc en lumière les intérêts du case management.

 

Ces faits ne sont pas nouveaux, assez corollaire des spécificités sociales et sanitaires des Etats-Unis, si bien que c’est très officiellement en 1974 (il y a donc plus de quarante-cinq ans !) qu’apparait l’appellation « case manager ».

 

 

Une proposition de définition

 

Inspirés par les excellentes présentations et le contenu complet du dossier de Santé Mentale de mars 2017[4], nous invitons à retenir comme caractéristique que le case management est un processus spécifique permettant de gérer les questions complexes relevant de l’action sociale, de la santé, du handicap, des assurances, voire de l’éducation. Dans un processus interactif, systématique et coopératif, il a pour but de mettre en œuvre des prestations de qualité répondant aux besoins individuels, afin d’atteindre de manière efficiente les objectifs et résultats convenus.

 

Le case management requiert une coopération interprofessionnelle et institutionnelle. Il respecte l’autonomie des patients et évite de « gaspiller » les ressources de l’environnement du patient et dans les services de soutien.

 

 

Quels rôles et quelles missions pour le case manager ?

 

Le case manager a pour fonction principale de définir précisément et conjointement l’objectif du suivi, puis d’accompagner la personne tout au long du circuit d’intervention.

En lien avec la gestion de projet, le case manager va définir avec la personne un objectif précis à atteindre.

Il va planifier dans le temps, aider à la mise en œuvre et coordonner les différentes actions nécessaires à l’atteinte de cet objectif.

Outre la réalisation de missions qui relèvent de son domaine de compétences, le case manager doit surtout garder une vision d’ensemble du processus d’accompagnement afin d’assurer une coordination et une collaboration efficientes des différents acteurs.

 

Quatre fonctions parallèles et cumulatives correspondent à ses interventions :

 

Le portier  (Gate keeper ») : 

En cas de besoins de soins ou autre, le patient prend contact avec le case manager. Le case manager, en retour, adresse le patient aux médecins et aux spécialistes du réseau ou les plus adaptés.

 

Le courtier  (« Broker ») :

Le case manager organise, planifie et coordonne l’ensemble des prestations cliniques, médico-sociales, sociales etc… selon les besoins et les objectifs fixés.

 

La défense (« Advocacy ») :

Le case manager s’assure que traitements et procédures sont faits. Il a un rôle de soutien et défense du patient auprès des tiers (payeurs, entourage, professionnels…) et de sa communauté (milieu du patient).

 

Le soutien (« Coaching ») :

Le case manager soutient le patient dans son cheminement, en s’appuyant éventuellement des techniques cliniques ou psychologiques.

 

On notera ainsi que le case manager n’a pas, à strictement parler, un rôle de réalisation d’actes de soins auprès du patient. Il ne saurait non plus être, au vu de ses fonctions, confondu avec les Infirmiers en Pratiques Avancées (IPA), appelés aussi Infirmiers Praticiens Spécialisés (IPS), notamment dans la possibilité pour ces derniers de prescrire et de réaliser des actes techniques. D’ailleurs, comme nous le confirmerons dans les résultats de notre recherche, tous les case managers ne sont pas des infirmiers, loin s’en faut.

 

 

Notre démarche et nos choix méthodologiques

 

Une recherche à partir de LinkedIn, premier réseau social professionnel mondial

 

A la différence de certaines catégories professionnelles (comme les médecins, les sages-femmes, les kinésithérapeutes…), le métier de case manager hospitalier, aussi identifiable sous le vocable de gestionnaire de cas, ne fait l’objet d’aucun recensement particulier, hors adhésion volontaire auprès d’une société savante, type CMSA ou Netzwerk Case Management suisse[5], ces dernières ne communiquant en général pas leur annuaire. Souhaitant cependant les repérer plus finement, d’autant que les case managers anglophones sont bien présents sur le web, nous avons eu l’idée d’approcher leur situation en utilisant les réseaux sociaux professionnels.

 

En la matière, LinkedIn fait office de référence, particulièrement en zones anglophones, mais progressivement sur d’autres territoires également.

 

Pour faire un bref rappel historique, LinkedIn a été lancé aux Etats-Unis en 2002 (depuis plus de 16 ans, donc, ce qui fait une antériorité intéressante à l’heure d’internet), puis s’est progressivement développé à l’international. Il existe de nombreuses déclinaisons, notamment en Europe, où la version française a été lancée en 2008, face au concurrent de l’époque Viadeo. Avec près de 400 millions de profils revendiqués dans le monde, LinkedIn est désormais bien connu et utilisé par les cadres et les dirigeants d’entreprises privées mais aussi publiques. Autre intérêt de taille : LinkedIn permet de repérer les profils francophones. Notre étude relève ainsi des professionnels en France, Suisse, Belgique ou au Québec, ce qui enrichit véritablement la connaissance du parcours, de la formation et des compétences de ces professionnels hospitaliers.

 

Comme nous l’aborderons lors de l’analyse des résultats, LinkedIn n’est pas sans limite ni biais. Outre les questions de sécurité et d’utilisation des données (qui ne sont pas dans le champ de discussion de notre étude), la construction même du réseau repose sur l’inscription volontaire et le niveau de détail et de justesse des informations communiquées par chaque professionnel ne donnent pas lieu, aujourd’hui, à des contrôles circonstanciés.

 

Dit autrement, tous les cadres d’un secteur ne sont pas inscrits sur ce réseau, loin s’en faut. Et ceux qui y sont inscrits ne sont peut-être pas représentatifs de leur catégorie, car leurs motivations à être présents sur LinkedIn induisent les informations qu’ils donnent d’eux-mêmes et de leur carrière. Dans une démarche de recherche de poste, l’on aura tendance à bien décrire ses diplômes et qualifications, ce qui n’est pas forcément le cas lorsqu’on s’inscrit pour faire de la veille ou s’informer sur le parcours des uns et des autres. Notre analyse tiendra compte autant que possible de cet aspect déclaratif, des informations pas toujours à jour et de la non exhaustivité.

 

 

Des critères de repérage sur la triple caractéristique « Case Manager / Gestionnaire de cas », « Hôpitaux et centres de santé, « Profil en français »

 

Parmi les fonctionnalités de LinkedIn, l’une d’entre elles consiste à formuler des requêtes pour établir des listes de profils selon certains critères.

 

Ainsi, chaque personne inscrite peut aller à la rubrique « Personnes » et remplir des zones de recherche comme les noms, prénoms, lieu, niveau de responsabilité, secteur d’activité etc… Les requêtes peuvent donc possiblement porter sur l’ensemble des 400 millions d’inscrits.

Des recherches par mots-clés (isolés ou expression) sont aussi disponibles.

 

LinkedIn restitue sous forme de listes les résultats, en les présentant selon 3 niveaux :

  • Les relations de 1er et 2ème niveaux sont présentées en premier, avec profils entièrement visibles
  • Les relations de 3ème niveau sont présentées ensuite, avec la possibilité de lire tout ou partie du profil, mais avec des modalités d’entrée en contact réduites
  • Les autres relations sont présentées sous forme anonyme (les noms et prénoms ne sont pas donnés) et les profils sont partiellement ou totalement invisibles.

 

La condition pour la restitution et l’accès à ces informations réside aussi dans la souscription d’un compte Premium, c’est-à-dire payant (pour notre  part, 21,99 € par mois).

 

Nous avons réalisé nos requêtes le 26 mars 2019, avec comme modalités :

Mots-clés :    « Case manager » ou « Care manager » ou « Gestionnaire de cas »

Secteur :       « Hôpitaux et centres de soins »

Profil :            en français

 

Sur ce dernier point, ce qui est ciblé est la langue déclarée par l’utilisateur (quand bien même il rédige son profil dans une autre langue). C’est pourquoi, nous avons retraité essentiellement cette partie, car des profils identifiés n’étaient manifestement francophones. Ils ont été exclus de notre analyse.

 

Notre manière de rechercher a permis de constituer un groupe de case managers et de gestionnaire cas, actuellement en activité sur cette fonction, ou qui l’ont été mais qui ont évolué soit vers d’autres métiers (à la coordination des soins en particulier), soit vers un autre secteur. Ainsi, cette étude permet d’identifier qui est ou qui a été case manager, dans une logique d’approche par parcours, et non pas par poste actuel.

 

Nous avons procédé à des contrôles : certaines erreurs de secteur ont été relevées (la qualité de l’employeur montre, par exemple que la personne n’exerce manifestement pas en milieu hospitalier) et nous ont amené à exclure certains profils préalablement listés.

Parmi les informations que nous avons recueillies, nous nous sommes intéressés :

  • A la localisation des établissements (et non pas des professionnels, qui peut être différente) dans lesquels exercent les case manager hospitaliers
  • Aux diplômes déclarés (en nombre et en niveau)
  • Aux écoles, universités et centres de formation déclarés
  • A la date d’entrée dans le poste actuel
  • A la première date d’entrée dans un poste professionnel, stage de longue durée et apprentissage inclus.
  • Au sexe

 

Pour les diplômes, nous n’avons retenu que ceux correspondant aux études supérieures après le baccalauréat et ceux relevant d’un Ordre professionnel (infirmier, kinésithérapeute...). Les dates d’entrée dans le poste actuel nous ont permis de calculer une « ancienneté » dans le poste et sur l’ensemble du parcours. Cet indicateur n’est pas le calcul de l’ancienneté au sens strict du terme, puisque nous n’avons pas pris en compte les possibles interruptions de contrats ou de parcours. Il s’agit d’une indication sur la date de démarrage professionnel. Les analyses de ce chiffre seront par ailleurs nuancées, car les inscrits sur LinkedIn n’indiquent pas toujours l’ensemble de leur carrière. Par convention, lorsque le parcours mentionne un seul poste (l’actuel, le plus souvent), nous avons considéré que la date d’entrée dans le poste actuel est la même que la date d’entrée dans la vie professionnelle. C’est le cas pour les jeunes diplômés.

 

Concernant le genre, cette information n’est pas donnée par LinkedIn. Nous l’avons déduite, profil par profil, essentiellement en fonction du prénom, voire de la photo. Toute interrogation ou doute a été enregistré sous la dénomination « non identifiable ».

 

Lorsque ces champs ne sont pas renseignés, nous n’avons pas retenu ces profils.

 

Les restitutions sont strictement anonymisées et faites de manière à ne pas identifier les professionnels, de quelque manière que ce soit, pour respecter les conditions d’utilisation de LinkedIN et les droits attachés des inscrits sur ce réseau en matière de données personnelles, quand bien même le profil est sciemment public. Ces principes expliquent que pour les petits effectifs – qui rendent les profils identifiables -, nous utiliserons des vocables tels que « autres » ou seulement des pourcentages.

 

 

Nos résultats

 

Les case managers hospitaliers francophones sont très peu nombreux sur LinkedIn

 

Comme nous l’avons mentionné en introduction, lorsque l’on interroge LinkedIn avec le terme « Case manager » en « Hôpitaux et Centres de Santé », 119 077 résultats en termes de profils de personnes sont identifiés. Il s’agit de case managers et gestionnaires de cas actuels ou qui l’ont été par le passé. Mais si l’on ajoute la condition linguistique, à savoir « langue du profil : français », l’on obtient… 116 personnes.

 

Plusieurs motifs, non mesurables, peuvent expliquer ce grand écart : un réflexe moindre pour les professionnels francophones de s’identifier sur LinkedIn, une description encore non homogène de la fonction, ou probablement plus simplement, une réelle confidentialité de ce métier encore donc bien en émergence.

 

Nous avons donc réalisé une deuxième requête avec le terme « Gestionnaires de cas », qui a aboutit à 109 profils. Nos contrôles de cohérence nous ont par ailleurs amenés à revoir ces deux échantillons, certains profils étant en doublon, révélant de possibles erreurs de choix de secteurs, d’idiome réel voire de dénomination de métiers.

 

Selon nos estimations, le nombre de case managers, care managers et gestionnaires de cas hospitaliers francophones sur LinkedIn est de 123, dont 77 exerçant présentement cette fonction.

D’un point de vue strictement mathématique, la taille très réduite de l’échantillon invite à ne pas extrapoler et à remettre en perspective toute utilisation et à procéder à des commentaires prudents.

 

Les grandes caractéristiques de profil

Etude Pilar - Case manager - Copyright 2019

       

 

 

          Où sont les hommes ?

 

Le métier de case management et de gestionnaire de cas hospitaliers est très largement exercé par les femmes avec près de 8 sur 10 occupés au.

Ce pourcentage est plutôt homogène que l’on prenne les professionnels en poste actuellement (82% vs. 18%) ou ceux qui le furent par le passé (76% vs. 24%).

 

 

 

Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquementDes prises de poste récentes …

Pour les case managers hospitaliers actuellement sur ce type de fonction, leur arrivée est plutôt récente, puisque la médiane calculée d’ancienneté à leur poste est de 2,5 ans.

69 % sont là depuis moins de 5 ans. Les profils plus anciens (au-delà de 10 ans) sont rares, voire très rares (6 %).

Cette première mesure semble confirmer l’émergence de cette fonction dans les étabissements francophones.

 

                                                                            … mais des professionnels avec de l’expérience

Une image contenant capture d’écran

Description générée automatiquementLes CM hospitaliers ont déclaré un début d’activité depuis 13,2 ans en médiane et 14,5 ans en moyenne. Une partie importante (21%) a même plus de 20 ans de carrière. Quelques groupes se distinguent : l« juniors » jusqu’à 7 ans d’ancienneté avec près d’un professionnel sur 4, puis les 12-17 ans d’ancienneté avec 1 professionnel sur 3. En recoupant avec l’ancienneté dans le poste, le case management à l’hôpital semble connaître deux pratiques : soit une prise en charge par des professionnels aguerris, soit de jeunes à l’occasion de création de poste de cette fonction nouvelle.

 

  Des noms de postes pas uniformes …Etude Pilar - Case manager - Copyright 2019

 

  Les versions anglaises et françaises se talonnent dans les intitulés des postes actuellement occupées, avec une légère avance pour la mention « Gestionnaire de cas » (49%) par rapport aux formules « Case » ou « Care manager » (47 %).

 

 

 

Etude Pilar - Case manager - Copyright 2019… Avec une géolocalisation certaine

Des particularismes nationaux semblent exister. Ainsi, la France utilise quasi-exclusivement (85% des postes) le terme de gestionnaire de cas, alors que la Suisse libelle très majoritairement les siens en case ou care manager (91 %). Le Québec, et quelques provinces du Canada, ont une pratique plus mitigée avec une prédominance cependant pour la terminologie en français (65 %).

 

Etude Pilar - Case manager - Copyright 2019… Et une avance de la Suisse

En effectifs, la France compte légèrement plus (26) de CM que la Suisse (23), suivie de près par la québéco-canadienne (20). La quatrième place, assez lointaine (4) est occupée par le groupe Belgique - Luxembourg. Si l’on considère la population et l’offre de soins, la Suisse fait montre d’une fréquence bien plus importante de ce type de professionnels que la France en particulier. Nous verrons ci-dessous que le CHU Vaudois (Lausanne) et les Hôpitaux Universitaires de Genève font figure de locomotive en la matière.

 

Etude Pilar - Case manager - Copyright 2019Des structures diverses, dont certaines particulièrement volontaristes…

 

Si les case managers actuels peuvent intervenir pour des structures très diverses (filière de soins à domicile ou en ville, associations, prestataires organisateurs de soins…), ils se retrouvent pour une majorité d’entre eux (68%) soit en établissement hospitalier (plus d’un cas sur 4), soit en association, soit réseaux de soins (13%), soit en structure exclusivement française : les MAIA (12%). Nous y reviendrons ci-après. A eux seuls, le CHUV de Lausanne enregistre 10 profils (soit 13 % du total !) et les Hôpitaux Universitaires de Genève 6 (soit 8%).

 

Des profils soignants, mais pas seulement

Les infirmiers, ergothérapeutes, psychomotriciens et kinésithérapeutes concentrent effectivement les 2 tiers des postes de case managers. Les profils de type travail social et assistance sociale viennent au second rang avec plus d’un poste sur 10. La sphère administrative (6%) et la filière psychologique (4%) complètent ce tableau assez diversifié.

 

 

Nos premières suggestions

 

Pour conclure, il nous semble que le cas français des MAIA résume bien les principes et les attentes autour du case management. Ainsi, choix réalisé en France depuis 2008 au travers de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA), MAIA[6] signifie « Méthode d’action pour l’intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’autonomie ». Selon les indications publiées sur le site de la CNSA, 98% du territoire français est couvert par 352 dispositifs.

Cette méthode cherche à associer tous les acteurs engagés dans l’accompagnement des personnes âgées de 60 ans et plus en perte d’autonomie et de leurs aidants grâce à une démarche d’intégration des services d’aide et de soins. Pour cela, trois mécanismes sont utilisés : la concertation, le guichet intégré et la gestion de cas.

Nous avons souhaité évoquer ce dispositif et restituer de façon explicite les propos de la CNSA, car cela nous parait bien illustrer cette fonction. Ainsi, le gestionnaire de cas est placé sous la responsabilité du pilotage MAIA. Il intervient à la suite du repérage des situations complexes par le guichet intégré. Il réalise à domicile l’évaluation multidimensionnelle, définit le plan de service individualisé (PSI), planifie le recours aux services et assure le suivi de la personne. Pour les personnes âgées en situation complexe, le gestionnaire de cas met en œuvre un suivi intensif au long cours (y compris pendant les périodes d’hospitalisation). Il est l’interlocuteur direct de la personne, du médecin traitant, des professionnels intervenant à domicile et devient le référent des situations complexes.

Il existe même une vidéo[7] que nous vous recommandons, conçue par la MAIA du territoire havrais et la CNSA, qui explique les missions du gestionnaire de cas.

 

Etude Pilar - MAIA CNSA video - Copyright 2019

 

 

 

Abréviations

 

CM       Case Manager

CNSA   Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie

GC       Gestionnaire de cas     

IPA       Infirmier.e en Pratiques Avancées

IPS       Infirmier.e Praticiens Spécialisées

 

Posté le 1er avril 2019 par Nathalie L'Hostis

 

Pilar est spécialisée dans la formation, le conseil et le recrutement en contrôle de gestion et aide au pilotage hospitalier. Nos programmes sont spécialement conçus pour vous accompagner sur ces sujets. Nous vous recommandons particulièrement dans cette optique nos programmes suivants, spécialement conçus pour les organisations innovantes et au bénéfice tant des patients que des établissements :

 

"Le case manager : un nouveau métier pour gérer efficacement les parcours des patients »

« Comment élaborer un chemin clinique ? »

« Découvrir la Récupération Rapide ou Améliorée Après Chirurgie » RRAC / RAAC

 

Le présent article a été réalisé à titre gracieux et ne fait l’objet d’aucun commerce pécuniaire sous quelque forme que ce soit. Il est librement mis à disposition, téléchargeable gratuitement sur notre internet, sans contrepartie sauf celle relative au droit d’auteur. Toute utilisation et communication doit faire mention de « Auteur: @Copyright Pilar (www.pilar-institute.com) ». Sa méthodologie et les données utilisées sont conformes aux dispositions réglementaires relatives à la garantie de l’anonymat, à la conservation et aux droits de modifications et de rectifications, et aux chartes des bases utilisées. Pour toute question, vous pouvez nous écrire à contact@pilar-institute.com

Pour une meilleure lecture, un récapitulatif des abréviations utilisées dans ce document se trouve en dernière page. Elle est complétée des références utilisées pour réaliser le présent document et de liens complémentaires.

 


 

Comment contrôler la cohérence de la SAE

Comment contrôler la cohérence de la Statistique Annuelle des Etablissements (SAE)

 

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Un récapitulatif des abréviations utilisées dans ce document se trouve en dernière page. Elle est complétée des références utilisées pour réaliser le présent document et de liens complémentaires.

 

C’est la saison de l’élaboration de la Statistique Annuelle des Etablissements (SAE) de santé français. Inconnue du grand public, peu considérée par les hôpitaux et cliniques eux-mêmes, cette enquête annuelle obligatoire recèle pourtant bien des intérêts et des usages possibles, si tant est que les données produites et utilisées soient de qualité.

 

A l’heure de remplir moults questionnaires s’y rapportant, l’objet du présent papier est, après un rappel des caractéristiques fondamentales de ce reporting réglementaire, de mettre en évidence des contrôles de cohérence que tout utilisateur, spécifiquement celui qui est responsable du remplissage de cette enquête, pourra utilement et facilement mettre en œuvre, et ce faisant contribuer à l’amélioration de la qualité des informations produites.

 

L’enjeu est double : d’une part, contribuer à ce que les données transmises reflètent la réalité des activités et des ressources de l’établissement (si on regarde le verre à moitié vide, on dira que les questionnaires et les réponses doivent, à tout le moins, ne pas entraîner un avis négatif quant à la capacité de la structure a savoir restituer ce qu’elle est et ce qu’elle fait), d’autre part, bâtir une base de données solide (puisqu’elle a déjà le grand avantage d’être exhaustivement et facilement disponible et interrogeable) sur le secteur hospitalier français.

 

Qu’est-ce que la SAE ?

L’enquête SAE [1] a été lancée pour la première fois en 1995 (pour l’exercice 1994). Auparavant, il existait deux enquêtes (EHP et H80) qui concernaient respectivement les établissements publics et les établissements privés. Ces deux statistiques n’étaient pas complètement uniformisées.

La SAE fait l’objet d’un arrêté au bulletin officiel du Ministère de la Santé. Depuis la SAE 2009, une circulaire annuelle précise le contenu et fixe les dates de fin de collecte de la campagne à venir.

La SAE est utilisée par les tutelles, pour connaître précisément les ressources et activités de tous les établissements. Elle est obligatoire et s'avère réellement utilisée par les ARS, l'ATIH, la DREES, et plusieurs Ministères.

Cela peut paraitre surprenant à qui connait le PMSI, les démarches de certification de la Haute Autorité de Santé ou les procédures d’autorisation d’activité pilotées par les Agences Régionales de Santé, mais la SAE fait partie des principales sources de données hospitalières, tant sur les hôpitaux publics que privés (à but lucratif ou non).

Pourquoi ? Parce qu’elle est constituée de nombreuses données statistiques, dont le recueil est organisé autour de « bordereaux », dont le nombre varie en fonction de l’établissement. Ainsi, une clinique mono-activité de type SSR aura treize bordereaux à compléter (cinq portant sur ses caractéristiques d’identification, un permettant des filtres pour ses réponses, un sur ses activités et ressources strictement dédiées à ses services d’hospitalisation et plateaux techniques, un sur l’organisation de ses informations médicales, cinq sur ses effectifs et équivalents temps plein de ses personnels). Un établissement de grande taille couvrant plusieurs disciplines aura jusqu’à trente-deux bordereaux à renseigner.

 

Comment çà marche ?

 

Voici la liste exhaustive des bordereaux pour la campagne 2018, regroupés autour de six thématiquesListe des bordereaux pour la SAE 2018

‘Identification et organisation’, 

Filtre’, 

Synthèse des activités de soins par discipline’, 

‘Equipements et plateaux techniques’, 

‘Activités de soins soumises à autorisation’, 

‘Effectifs et équivalents temps plein de ses personnels médicaux et non médicaux’ :

 

 

 

L’ensemble des questionnaires et des données nécessaires à leur remplissage fait l’objet d’un volumineux guide mis à disposition chaque année (qui ne fait ainsi pas moins de 178 pages pour l’exercice 2018…) [2] .

 

 

 

 

 

Tous les établissements de santé publics et privés installés en France (métropole et DOM), y compris les structures qui ne font qu’un seul type d’hospitalisation (par exemple : hospitalisation à temps partiel, hospitalisation à domicile, etc.) ou qui ont une autorisation pour une activité de soins donnée, doivent remplir la SAE.

Par ce dispositif de collecte, la SAE a trois objectifs principaux :

  • caractériser de façon précise les établissements par rapport à leur structure, leurs capacités, les équipements de leurs plateaux techniques et leurs personnels.
  • caractériser l’activité réalisée par type d’activité ou de discipline.
  • recueillir des indicateurs sur la mise en œuvre des politiques nationales et le suivi des activités de soins soumises à autorisation.

 

C’est pourquoi, chaque bordereau contient un nombre assez détaillé de données à fournir. Voici deux exemples, avec les bordereaux ‘URGENCES’ et ‘Q23 Sages-femmes et personnels non médicaux’ :

SAE 2018 Bordereau URGENCES

SAE 2018 Bordereau Q23 Sages-femmes et personnels non médicaux

 

Oui, il y a de nombreuses cases et c’est écrit petit… L’idée de publier ici ces bordereaux n’est pas de les commenter ni de les détailler en soi, mais, par leur seule exposition, de montrer la somme de données à fournir de toutes natures, et nécessitant parfois de lourds retraitements (comme la répartition des ETP par grande discipline).

 

L’auteure que nous sommes a connu une époque antique, à la fin des années 1990, lors de laquelle ladite SAE se remplissait à la main, bordereau par bordereau, puis se transmettrait pas voie postale moyennant un colis frôlant souvent le kilogramme…

 

Ce temps ancien est révolu, puisque la saisie et la collecte se font désormais via une plateforme mise à disposition entre février et avril N+1, via le site www.sae-collecte.sante.gouv.fr. Une validation est menée par les niveaux régionaux des ARS et la DREES. Tous les résultats validés de l’année N sont publiés en accès libre en septembre N+1, exploit qui ne cesse de nous épater, quand on sait le processus que cela représente et le volume de données collectées, contrôlées et retraitées auprès de plusieurs milliers d’établissements. La plateforme de référence, permettant l’interrogation à plusieurs niveaux et des exports vers tableur, est www.sae-diffusion.sante.gouv.fr.

 

 

Pourquoi la SAE a-t-elle mauvaise presse et n’est pas utilisée par les établissements de santé ?

 

Voici un florilège des raisons des raisons pour lesquelles la très grande majorité des établissements de santé considèrent avec hauteur, circonspection ou indifférence, la SAE :

  • Parce que c’est long à faire
  • Parce que l’on n’a pas toujours les données dans son système d’information
  • Parce que l’on n’a pas (eu) de formation et peu de retour 
  • Parce que, franchement, ce n’est pas toujours clair (et parfois daté) 
  • Parce qu’on n’a pas le temps de la contrôler, de l’utiliser, et qu’on ne pense pas à aller sur sae-diffusion
  • Parce que, quand la collecte est finie, on n’a qu’une hâte : passer à autre chose
  • Parce que l’on ne sait pas à quoi ça sert, voire que l’on pense que çà ne sert à rien
  • Parce que l'on ne voit pas l'intérêt ni la finalité
  • Parce que l'on sait que les données sont fausses

 

Nous partageons quelques-uns de ces sentiments, sauf que l’inutilité apparente ou supposée ne contribue pas à amoindrir les autres, au contraire, et que cela représente  un risque. Qui imaginerait construire un rapport d’activité ou de gestion non conforme et peu contrôlé par rapport à la réalité de ses activités et de ses organisations, et le transmettrait ensuite à ses administrateurs, ses associés, son Greffe ou ses actionnaires ?

S’agissant du système d’information, là est probablement l’une des clés dans le pilotage de ce chantier et le niveau de qualité des données produites. En effet, par manque de temps, par « habitude », par souci de répondre à toutes les questions, nous remarquons encore que de nombreux établissements transmettent les bordereaux directement dans leurs services ou leurs pôles, qui les remplissent donc avec leurs propres recueils. Or, cette pratique ne permet pas de contrôler les données produites, de tracer par un moyen fiable ces informations ou de procéder à des recoupements.

 

 

Pourquoi faut-il s’intéresser à la SAE (puisque d’autres l’utilisent…) ?

 

Voici un autre florilège des raisons réelles et avérées pour lesquelles les établissements de santé devraient revoir leur approche de ce chantier réglementaire :

 

  • Parce que les résultats se retrouvent dans de multiples indicateurs utilisés par les tutelles.
  • Parce qu’en corollaire, elle alimente la plupart des bases de données nationales hospitalières, notamment diffusés sur Hospidiag [3] et Scope Scanté [4].
  • Parce qu’elle est destinée à être croisée avec les résultats d’autres reportings réglementaires, tels que les Retraitements Comptables, pour vérifier la cohérence de l’ensemble.
  • Parce qu’elle est entièrement disponible sur internet (gratuitement qui plus est) [5].
  • Parce qu’elle est le matériau principal de plusieurs études nationales et annuelles d’envergure (comme la publication annuelle réalisée par la DREES « Les établissements de santé » [6] ).
  • Parce qu’elle reflète une certaine image de l’établissement, et contribue à inspirer plus ou moins confiance dans sa connaissance et sa capacité à maîtriser ses ressources et ses activités (plus les résultats paraissent incorrects, plus l’on se dit que l’établissement ne sait pas trop où il en est, puisque lui-même valide des données peu réalistes…).
  • Parce que les résultats peuvent être utilisés notamment lors de l’élaboration de contrats (performance, d’objectifs et de moyens, de retour à l’équilibre…).
  • Parce que certaines des données ne sont collectées que par ce biais, en particulier en matière de suivi de politiques nationales ou d’autorisations de soins.
  • Parce que c’est une bonne manière de contrôler les données d’activité et de ressources de son système d’informations, et de le faire évoluer si besoin.

 

Certes, la SAE a des défauts (de conception, dans son processus d’élaboration et de validation, dans les indicateurs qu’elle recherche, dans ses nomenclatures, où, pour ses dernières, on avoue avoir une certaine tendresse et nostalgie à la lecture de la table des métiers dans laquelle existent encore des « sous-économes », « employés de mécanographie », « monitrice de jardins d’enfants », « garçon de laboratoire », « magnétothécaire », « dactylo codeuse », « buandier » [7]…). Des contrôles existent bel et bien pour vérifier la concordance des données saisies entre bordereaux, par rapport au PMSI et au niveau d’autorisations de soins, et alertent si des évolutions au-delà de + 20 % ou en-deçà de – 20 % par rapport aux résultats transmis l’année précédentes sont identifiés, mais ne demandent pas de justifications complémentaires. Si des évolutions ont bien lieu, une authentique évaluation des pratiques de réalisation, un dépoussiérage de certains points (le domaine hospitalier connait des transformations voire de fulgurants changements en peu de temps) et un rappel de l’importance de l’acte de validation de l’enquête par l’établissement lui-même sont autant de points à méditer.

 

Pour imparfaite qu’elle soit, cette statistique engage, d’une certaine façon l’établissement, au sens où il n’est plus le seul dépositaire de ses informations et qu’elles seront, quel que soit leur niveau d’exhaustivité et de conformité, utilisés pour bien des usages, y compris publics.

 

 

Les principes recommandés, découlant de ces constats et enjeux

 

Donc, puisque la SAE est utilisée par les tutelles, pour connaître précisément les ressources et activités de tous les établissements, qu’elle est obligatoire et s'avère réellement utilisée par les ARS, l'ATIH, la DREES, et plusieurs Ministères, qu’elle alimente toutes les bases nationales, en particulier celles maintenues par l'ATIH, qu’elle est systématiquement intégrée dans les outils décisionnels, type DIAMANT, utilisés par les agences, que la totalité des données et des questionnaires sont publiés sur internet de façon exhaustive et publique (pas de mot de passe ni de droit requis), plusieurs enjeux se font jour.

 

  • L'utilisation des résultats par les tutelles, en particulier pour construire des plans d'économies, d'optimisation, de retour à l'équilibre. Dans ce cas, toute répartition non conforme à la réalité est préjudiciable, car les avis et analyses seront, par construction, biaisés.
  • L'image de l’établissement, notamment sur sa capacité à mettre en valeur (ou au contraire en défaveur) ses différentes activités et spécificités. Les données étant accessibles par tout public, tout internaute peut mener des analyses et des comparaisons avec d'autres établissements. Toute répartition non cohérente avec la réalité de l’établissement peut, en corollaire, aboutir à une incompréhension, une mauvaise appréciation, voire une défiance par rapport aux résultats pourtant validés.
  • Pour ces motifs, les ressources humaines et les ETP – sujet en plusieurs points sensibles - seront tout particulièrement contrôlés et analysés. Les résultats entre bordereaux seront ainsi vérifiés et mis en cohérence. Les ETP seront aussi cohérents, tant en profil qu'en volume, entre la SAE, les retraitements comptables, et idéalement les comptes financiers.

 

C’est pourquoi, nous proposons de suivre les principes (de précaution…) suivants :

  • Toute donnée de la SAE doit être FIDELE à la réalité et aux organisations.
  • Les données doivent être TRAÇABLES et CONTROLABLES, et donc seront majoritairement issues du système d'information.
  • Toutes les données seront contrôlées, notamment en faisant tous les liens avec les autres reportings réglementaires, en particulier PMSI et retraitements comptables.
  • Autant que faire se peut, les données de la SAE doivent appuyer les intérêts, les points forts et les spécificités de l’établissement. Les tout premiers bordereaux (en particulier celui intitulé « PN - Suivi de politiques nationales et missions de service public ») seront soigneusement envisagés et traités. Pour notre part, à l’heure – plus tardive dans l’année - de réaliser et/ou d’analyser des Retraitements Comptables, nous aimons à savoir si certaines activités dites spécifiques (en langage T2A, on parlerait presque de Missions d’Intérêt Général…) ont bel et bien été déclarées – ou pas – dans ce bordereau. Simple principe de cohérence…
  • Pour cela, la réalisation sera imaginée sur plusieurs semaines pour rendre possible ANTICIPATION et contrôles. Le chantier SAE est initié au plus tard au début du mois de février de l’année suivante, pour une remise réglementaire prévue autour de la mi-mars. Quatre à six semaines ne sont pas de trop pour organiser le recueil, le contrôle, la saisie et la présentation aux responsables des données avant leur transmission et leur validation

 

 

Les contrôles de cohérence à mener, lors de l’élaboration et, plus tard, lors de l’utilisation des résultats publiés

 

Dans l’idée de permanence des résultats, quelle que soit la demande ou l’enquête, le tableau suivant reprend quelques grandes étapes de contrôles, tout autant que des sources de données qui faciliteront grandement le remplissage et la cohérence de la SAE. Si cela peut ressembler à du chinois, les professionnels hospitaliers chargés de la gestion des informations, des services DAF, contrôle de gestion, DIM ou RH, y trouveront, nous l’espérons, des repères connus et salvateurs :

 

SAE 2018 Tableau de recommandations par Pilar

 

Par ailleurs, même si ces questions attirent tout autant le bon sens que la perplexité technique la plus incompréhensible parfois, il sera aussi opportun, dans les bordereaux correspondants :

  • De contrôler le nombre de lits et places (si, si, il y a parfois des surprises…).
  • De contrôler les journées-exploitables, notamment en tenant compte des fermetures (ces chiffres ont un impact direct sur le calcul des taux d’occupation).
  • De saisir le tableau ACE disponible sur e-pmsi pour renseigner les consultations et actes externes, facteurs importants, nouveaux et en très sensible développement dans les missions réalisées par les établissements hospitaliers, et constituant un cap stratégique majeur.
  • De contrôler la cohérence de tous les ETP (en particulier avec le RTC de l’année N-1 et à venir).
  • De s'assurer que les ETP du questionnaire sont conformes avec le bordereau récapitulatif Q24 (colonnes MCO, SSR, psychiatrie).

 

 

 

Abréviations

 

ARS                 Agence Régionale de Santé

ATIH                Agence Technique de l’Information sur l’Hospitalisation

DIAMANT         Décisionnel Inter-ARS pour la Maitrise et l’Anticipation

DREES             Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques

ETP                  Equivalent Temps Plein

PMSI                Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information

SAE                  Statistique Annuelle des Etablissements de santé

SSR                  Soins de Suite et de Réadaptation

 

 

Posté le 21 février 2019 par Nathalie L'Hostis

 

Pilar est spécialisée dans la formation, le conseil et le recrutement en contrôle de gestion et aide au pilotage hospitalier. Nos programmes sont spécialement conçus pour vous accompagner sur ces sujets. Nous vous recommandons particulièrement dans cette optique nos programmes suivants, spécialement conçus pour accompagner les reportings et chantiers réglementaires hospitaliers :

Formation "Réussir et utiliser la Statistique Annuelle des Etablissements de santé (SAE) »

Formation "Réussir et utiliser les Retraitements Comptables (RTC)"

Formation "Elaborer des prévisions et l’EPRD (Etat Prévisionnel des Recettes et des Dépenses)"

Formation "Préparer et réussir vos dossiers d’autorisation d’activité"

Formation "Découvrir et utiliser les sites et les sources de données hospitalières"

 

 


[2] Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), 2018 : « Les établissements de santé – Edition 2018 », https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/publications/panoramas-de-la-drees/article/les-etablissements-de-sante-edition-2018, Paris

[3] Ministère des Solidarités et de la Santé, 2018 : « Statistique Annuelle des Etablissements SAE 2018 – Nomenclature de la SAE », https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/nomenclatures_2018.pdf pages 30 et suivantes, Paris

 

[5] https://www.scopesante.fr/presentation

[6] Ministère des Solidarités et de la Santé (2018), « Statistique Annuelle des Etablissements de santé – SAE 2018 : Aide au remplissage. Définitions, consignes », https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/ar_2018.pdf, Paris.

[7] Ministère des Solidarités et de la Santé (2015) : « La Statistique Annuelle des Etablissements (SAE), site web https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/open-data/etablissements-de-sante-sociaux-et-medico-sociaux/article/la-statistique-annuelle-des-etablissements-sae#Historique, Paris

 

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