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Tourisme médical : Pilar participe au Salon Mondial du Voyage à Londres

Ses objectifs sont de permettre aux acteurs de l'industrie du voyage et du tourisme de se retrouver, d'organiser des réseaux de connaissances, de négocier, de conclure des contrats. Il permet aussi de se tenir bien informés des dernières tendances du secteur.

Mais quel lien avec la santé ? La réponse est simple : le tourisme médical.

A ce titre, Pilar a participé à la session 2011 du WTM qui s'est tenu du 7 au 10 novembre derniers à Londres. L'objectif de cette participation était double :
 

  •     évaluer la présence du tourisme médical dans l'offre globale des prestataires du voyage et des déplacements
  •     rencontrer des sociétés et des organisations étrangères dont le business model repose sur le tourisme médical

C'est quoi le tourisme médical ?

Ce phénomène est basé sur le principe qu'un patient peut accéder à des traitements et à des soins pour un moindre coût dans un pays autre que le sien, ou dont l'offre est inexistante ou inaccessible dans son propre pays. Les domaines concernés portent sur les soins hospitaliers, mais aussi sur les traitements dentaires ou stomatologiques en ambulatoire. Contrairement à l'idée diffusée dans quelques médias, un séjour de tourisme médical n'est pas nécessairement accompagné d'activités "vacances" type hôtel étoilé, excursions ou découverte d'un pays.

De ces quelques constats, plusieurs conséquences se font jour.


Tout d'abord, l'existence même du tourisme médical trouve son fondement dans les différences de niveaux de vie entre pays, et donc des coûts des traitements et des prises en charge. Des pays, comme les Etats-Unis ou le Canada, ont par nature des dépenses de santé plus importantes, et certains affirment qu'un citoyen nord-américain pourrait "économiser" jusqu'à 80% de ses frais de santé s'il se faisait soigner ailleurs dans le monde.  

La deuxième raison tient à l'offre de soins, son accessibilité et sa réactivité. Nous évoquons là le phénomène des délais d'attente (en chirurgie notamment), qui peuvent conduire certains patients, voire certains pays au moyen d'accords bilatéraux, à rechercher une offre de soins adéquate et rapidement réalisable.

D'autres facteurs ajoutent au phénomène: difficulté d'accès à certains actes comme l'avortement, la stérilisation, l'aide à la fertilité; faiblesse de remboursement par les assurances de certaines activités comme l'esthétique; ouverture des frontières et  facilitation des échanges; transport aérien low-cost.

Néanmoins, la clé du succès du tourisme médical repose sur deux piliers fondamentaux et incontournables : une offre de soins à moindre coût, mais nécessairement au même niveau de qualité que dans le pays de résidence du patient.

Outre les soins dits "esthétiques" et dentaires, les activités réalisées par les pays hôtes s'étoffent, de la chirurgie orthopédique réglée à la cancérologie, en passant par la cardiologie interventionnelle voire même les greffes d'organes.

Le développement du tourisme médical se déroule depuis déjà plusieurs années, et connait une progression mondiale. Certains pays, en Asie ou jusqu'à récemment en Tunisie, en font un axe de développement stratégique majeur, contributeurs de leur PIB. Il est estimé qu'environ 3 millions de personnes actuellement et près de 20 millions à l'horizon 2015 se déplaceront en tant que touristes médicaux.

Le tourisme médical au Salon Mondial du Voyage

Mais revenons au salon mondial du tourisme et du voyage. Force est de constater que la morosité ambiante est moins prégnante que dans d'autres secteurs économiques. Dans son bilan 2011, le WTM vient d'annoncer que le nombre de ses visiteurs a crû de 5 % par rapport à 2010. Plus de 28 000 visiteurs ont été enregistrés sur les 4 jours, le premier étant tout particulièrement consacré aux négociations B-to-B.

Le salon était décomposé en zones géographiques (Europe, Asie, Amériques etc ...), avec un place réservée à tous les prestataires transversaux (systèmes d'informations, loueurs, internet ...). Les exposants relèvent des champs du transport aérien, de l'hôtellerie, du sport, des loisirs ou des technologies online. Des niches sont aussi mises en avant : tourisme responsable, gastronomie, immobilier de défiscalisation.

Quelles sont nos conclusions sur ce salon ?

En premier lieu, les pays ne communiquent pas encore en tant que tel sur le tourisme médical. Par exemple, pour l'Europe, seules l'Allemagne et la Suisse ont affiché des prestations de ce type. Cependant, nous avons noté un phénomène important de rapprochement entre le concept de bien-être, fréquemment associés aux services "spa", et par voie de conséquence à celui de santé. De bonne santé plus exactement. En présentation marketing, cela donne donc tourisme "santé - bien-être - spa" (en anglais "health - wellness - spa"). La santé est abordée ici dans sa dimension préventive, voire ludique et centrée sur l'individu, son expérience positive de confort et prise en charge.

Les professionnels du tourisme médical sont présents sur ce type de salons, moins pour communiquer que pour trouver des partenaires commerciaux et logistiques pour réaliser leurs activités. Les hôteliers, voire les transporteurs aériens, sont clairement en première ligne de ces recherches. Les sociétés de tourisme médical explorent également les potentiels de patients par pays, en comprenant leurs besoins et leurs attentes à tous points de vue.  Dans cet ordre d'idée, la "massification" serait une erreur de présentation de cette offre. D'autres créneaux nous semblent aussi alors se faire jour, comme la récupération post-natale, l'arrêt du tabac ou la rééducation post-opératoire.

Ces organisations ont également parfaitement intégré les critères de sélection par les pays et les patients. Par exemple, l'argumentation insiste sur la formation des médecins dans des pays de référence (type Etats-Unis et Royaume-Uni) et sur la modernité des infrastructures. L'organisation pré et péri-séjour est extrêmement maîtrisée. La présentation des différentiels de coûts est également bien mise en avant, notamment sur les sites internet de ces établissements, mettant en évidence leurs facultés à recueillir des données de comptabilité analytique par prise en charge tant dans leurs pays que dans les pays cibles.

Que faut-il retenir pour la France ... et pour d'autres ?

La France est concernée par le tourisme médical, certes à une moindre échelle que dans d'autres pays car l'accessibilité à l'offre de soins reste encore fréquente pour la plupart des citoyens français. Par ailleurs, La langue joue un rôle majeur dans le choix des destinations pour les patients et les pays d'accueil de touristes médicaux sont à majorité anglophones.

Cependant, le contexte de contraintes que nous vivons peut amener à un "désengagement" par la solidarité nationale de la prise en charge du "petit risque". En d'autres termes, les soins tels que la médecine de ville "légère", la chirurgie réglée peu lourde et toujours l'esthétique et le dentaire, vont peut-être connaître un reste à charge croissant pour le patient tel qu'il pourra réfléchir à des traitements dans des pays "à moindre coût".

D'un autre côté, réfléchissant à la combinaison qualité des soins / différentiel de coûts, certaine réflexion pourrait aussi envisager la France comme pays prestataire de tourisme médical. En effet, d'autres nations sont francophones (par exemple, le français est l'une des deux langues officielles du Canada) et connaissent des problématiques de file d'attente ou de dépenses. La position ultramarine de certains régions françaises pourrait aussi être un axe de réflexion.

Dans le même ordre d'idée, le Canada pourrait accueillir, encore plus aisément, des touristes médicaux américains.


A réfléchir ... et bon voyage !


Nathalie L'HOSTIS
Directrice / CEO
Pilar